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Babillage ou babil
Activité vocale articulatoire du nourrisson. Entre 2 et 12 mois approximativement, le bébé traverse une période prélinguistique pendant laquelle les phonèmes qu’il produit n’appartiennent pas spécifiquement à la langue de son entourage.
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Balint (groupe)
Groupe de discussion réunissant une dizaine de médecins, praticiens de médecine générale le plus souvent, sous la conduite d’un psychanalyste, afin que chaque participant prenne conscience, grâce au travail du groupe, des processus psychiques qui interviennent dans sa relation avec ses propres patients.
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Barbiturique
Se dit d’un dérivé de l’acide barbiturique, ou malonylurée, utilisé comme anesthésique, antiépileptique, sédatif et surtout hypnotique.
La découverte en 1863 de la malonylurée est due à A. Von Baeyer. En 1903, la première synthèse d’un dérivé hypnotique, le barbital, ou véronal, est obtenue par E. Fischer et J. von Mering. Durant plus d’un demi-siècle, les barbituriques deviennent les hypnotiques (somnifères) les plus répandus et les plus efficaces.
Le barbituriques font aussi partie de la panoplie des jeunes toxicomanes actuels, qui recherchent dans ces substances deux sortes d’effets : l’effet thérapeutique de la sédation et du sommeil et l’effet paradoxal de l’ivresse barbiturique. Dans le premier cas, les barbituriques servent à éviter les souffrances d’une « descente de speed » (amphétamines) ou d’un manque d’opiacés. Ils peuvent aussi être pris directement en association avec d’autres drogues. Dans le second cas, ils provoquent une ivresse qui survient lorsque le sujet ne sombre pas rapidement dans l’inconscience. Comparable en tous points à l’ivresse alcoolique, y compris quant aux troubles moteurs de type cérébelleux, elle dépasse plus facilement le stade de la loquacité ou de l’euphorie pour produire des épisodes d’excitation agressive ou des syndromes confusionnels.

Une intoxication chronique entraîne des troubles de la mémoire et de l’attention, des modifications de l’humeur, qui devient explosive, imprévisible, en rupture avec la personnalité antérieure du sujet. La complication majeure de cette toxicomanie est le coma barbiturique avec risque de mort.
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Barbiturisme
Intoxication chronique aux barbituriques.
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Barrage
Brusque interruption du discours ou de l’activité psychomotrice, liée à une trouble profond du cours de la pensée.
C’est un symptôme décrit par E. Kraeplin dans le cadre du négativisme de la démence précoce et repris par E. Bleuler, qui en a fait un des signes fondamentaux de la dissociation schizophrénique.
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Bateson (Gregory)
Anthropologue et ethnologue américain d’origine britannique (Cambridge, Grande-Bretagne, 1904 – San Francisco 1980).
En 1936, à la suite d’un séjour dans une tribu de Nouvelle-Guinée, il publie Naven. Il y décrit en particulier la différenciation des groupes qui, à la longue, si elle est effectuée de façon progressive, aboutit à ce qu’il appelle une schismogenèse. C’est ainsi que, d’une façon générale, on peut décrire les interactions entre individus en termes soit de symétrie, soit de complémentarité. Dans le premier cas, les partenaires adoptent un comportement en miroir, et, dans le second, le comportement de l’un complète celui de l’autre.
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Bégaiement
Difficulté du langage parlé caractérisée par la perte de la fluidité de la parole, avec hésitations, troubles du rythme, interruptions répétées du flux verbal et parfois spasmes des muscles respiratoires ou phonatoires.
Le bégaiement s’intègre dans les troubles de l’apprentissage du langage, liés à la fois à des facteurs somatiques et à des facteurs psychologiques et socioculturels. Pour E. Pichon et S. Borel-Maisonny (1937), il s’agit essentiellement d’une « insuffisance linguispéculative ». On pense actuellement qu’il dépend de l’hérédité, d’altérations de la dominance cérébrale et des processus d’intégration sensori-motrice (R. Diatkine et J. de Ajuriaguerra), et souvent de troubles psycho-affectifs névrotiques. C’est pourquoi une rééducation orthophonique du bégaiement ne peut se concevoir qu’après un examen complet de la personnalité du patient, pouvant conclure à la nécessité d’un accompagnement psychothérapique.

On distingue classiquement un bégaiement « tonique » et un bégaiement « clonique ». Le premier se caractérise par un aspect spasmodique de la parole avec des blocages en début ou en cours de phrase. Le second se traduit par la répétition d’une ou d’un groupe de syllabes. Proposées au début par G. Van Riper, diverses techniques comportementales sont de plus en plus pratiquées dans le traitement du bégaiement : relaxation, jeux de rôle, désensibilisation systématique, méthodes cognitivistes et assertives.
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Benzodiazépine
Famille chimique de substances qui possèdent, à des degrés divers, des propriétés anxiolytiques, sédatives, myorelaxantes, anticonvulsivantes et hypnotiques.
... Ainsi, certaines benzodiazépines sont plus particulièrement utilisées dans le traitement de l’épilepsie (propriété anticonvulsivante) ou en rhumatologie (effet myorelaxant).

L’indication principale des benzodiazépines reste néanmoins l’anxiété, qu’elle soit primaire, comme dans la névrose d’angoisse (ou trouble de l’anxiété généralisée selon la dénomination américaine), ou secondaire à une pathologie psychiatrique ou médicale

La vitesse d’absorption, reflétée par le délai nécessaire pour atteindre la concentration plasmatique maximale, est d’un intérêt pratique pour traiter rapidement une crise d’angoisse aigüe.
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Binet-Simon (échelle)
Echelle de développement de l’intelligence constituée par une série de petites épreuves concrètes proches de la vie courante, brèves et variées, faisant appel au jugement, à la compréhension, au raisonnement.
Cette échelle a été publiée par A. Binet et T. Simon dans l’Année psychologique en 1905, 1908 et 1911. Les modalités d’application de chaque épreuve et d’évaluation des réponses sont précisées. Les épreuves et les types de réponses qu’elles suscitent sont gradués et correspondent en principe à des âges allant de 3 à 13 ans. L’échelle fournit une évaluation de l’  « âge mental » d’un sujet, c’est-à-dire de l’âge qu’ont les enfants  normaux faisant habituellement les réponses que ce sujet a fournies. L’épreuve était à l’origine conçue pour évaluer les retards de développement d’enfants susceptibles de bénéficier d’un enseignement spécial.
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Binswanger (Ludwig)
Psychiatre suisse (Kreuzlingen 1881-id 1966).
...A Zurich, il est l'élève puis l'assistant d'E. Bleuler. C'est là qu'il fait la connaissance de C. Jung, qu'il accompagne à Vienne en 1907 pour y rencontrer S. Freud et commencer une formation psychanalytique.
Il s'intéresse à la phénoménologie d'E. Husserl, puis de M. Heidegger, pous l'appliquer à l'observation clinique et à l'étude psychopathologique de ses malades.
Pour lui, le psychiatre doit reconstituer et comprendre phénoménologiquement le monde de l'expérience intérieure de son malade s'il veut tenter de le guérir. C'est l'"être-au-monde", le "Dasein" (Heidegger) qui doit rester au centre de cette analyse.
Il publie : "l'Existence" (1967)
Il consacre son dernier livre à Freud "Erinnerungen an Sigmund Freud)
Ces ouvrages les plus marquants :
- Einführung in die Probleme des allgemeinen Psychologie (1922)
- Grundformen und Erkenntnis menschlichen Daseins (1942)
- Schizophrenie (1957)
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Biofeedback
Technique comportementale visant, dans un but thérapeutique, à établir un autocontrôle sur certaines fonctions physhiologiques.
Pour cela, certains rythmes ou certaines réactions physiologiques sont recueillis et amplifiés, puis traduits, par un appareillage électronique, en un signal sensoriel, le plus souvent lumineux ou sonore, immédiatement retransmis au sujet. Grâce à l’information que lui apporte le biofeedback, le sujet est rendu plus conscient de son fonctionnement biologique et peut apprendre à exercer graduellement un certain contrôle sur lui-même.
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Bipolaire
Se dit de l’évolution alternante d’une psychose maniaco-dépressive, passant d’un état d’excitation (maniaque) à un état dépressif (mélancolique), les deux états étant séparés par un intervalle de rémission pouvant aller de quelques semaines à quelques années.
Il est classique d’opposer les formes bipolaires de cette psychose, avec leur alternance plus ou moins régulière d’accès maniaques et d’accès dépressifs, aux formes monoplaires (ou unipolaires), au cours desquelles les malades présentent toujours le même type d’accès (soit dépressif, le plus souvent, soit maniaque, plus rarement).
Beaucoup de psychiatres pensent actuellement que le terme de « psychose maniacodépressive » (créé par E. Kraeplin en 1899) devrait être réservé aux formes bipolaires.
En effet, les épisodes mélancoliques des psychoses périodiques bipolaires sont aussi caractérisés cliniquement par la prédominance symptomatique de l’inhibition psychomotrice, du ralentissement et de la somnolence, alors que ceux des dépressions récurrentes unipolaires sont marqués symptomatiquement « par l’importance de l’agitation anxieuse ».

Il y aurait donc deux psychoses périodiques différentes : la bipolaires, qui seule mériterait le nom de psychose maniaco-dépressive, et la monopolaire, psychose récurrente surtout dépressive. Il semble d’ailleurs que la distinction se fasse également au niveau des effets préventifs du lithium sur les rechutes.
La lithiothérapie paraît beaucoup plus efficace sur la véritable psychose périodique bipolaire que sur la psychose récurrente.
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Bleuler (Eugen)
Psychiatre suisse (Zollikon, près de Zurich, 1857-id. 1939).
C’est à Zurich qu’il fait ses études de médecine avant de commencer son apprentissage en psychiatrie à l’hôpital de la Waldau de Berne (avec Schaerer). Il complète ensuite sa formation à Paris avec. J. M Charcot et V. Magnan, à Munich avec von Gudden et à Zurich, où il revient universitaire de A. Forel, au Burghölzi. C’est dans cet établissement psychiatrique qu’il succède à Forel en 1898 et qu’il reste jusqu’à sa retraite, en 1927.

Bleuler a surtout introduit en psychanalyse la notion d’ambivalence, adoptée immédiatement par Freud et ses disciples. L’ambivalence était pour lui un des symptômes fondamentaux de la schizophrénie, terme qu’il utilise pour remplacer celui de « démence précoce » qu’avait imposé E. Kraepelin pour décrire cette psychose chronique dont l’évolution paraissait inéluctablement déficitaire, démentielle. C’est contre ce pronostic si pessimiste que Bleuler s’insurge. Pour lui, en effet, non seulement les fonctions intellectuelles restent pratiquement intactes chez le « dément précoce », mais ce dernier conserve aussi une vie intérieure très riche.

La maladie du « schizophrène » (c’est le terme que préfère employer Bleuler) n’est donc pas caractérisée par l’effacement et la perte des activités psychiques, mais par leur défaut d’harmonisation, la dissociation mentale. Comme l’a écrit son fils, M. Bleuler, « cette dissociation se combine avec un amalgame de représentations, sentiments et tendances contradictoires qui se manifeste dans la pensée, les sensations et les actions du schizophrène. C’est pour cette raison que Bleuler ne voulait pas inclure le mot démence dans l’appellation de la maladie et c’est également pour cette raison qu’il désapprouvait la comparaison entre la démence précoce et la démence sénile ». Et comme cette dislocation des processus intérieur n’est pas le propre d’une seule maladie mentale comme le voulait Kraepelin avec la démence précoce, on peut penser que beaucoup d’affections psychiques aux origines différentes sont marquées par cette dissociation. C’est pourquoi Bleuler préférait parler du « groupe des schizophrénies ».

Bleuler utiliser la psychanalyse en montrant qu’elle permet de trouver le sens de toutes une série de symptômes de la schizophrénie. Car, pour lui, cette symptomatologie est l’expression d’un mouvement psychopathologique provoqué par la maladie. Mais ce sont seulement des symptômes « secondaires » qui sont analysables. Les symptômes primaires » renvoient, eux, à des processus organiques et sont donc inaccessibles à toute recherche de sens. Car, malgré son intérêt pour l’interprétation psychanalytique, Bleuler reste persuadé de l’origine organique de la schizophrénie.
Il le confirme en 1926, au congrès de Lausanne, dans le seul texte qu’il ait écrit en français sur cette maladie : « Dans tous les cas prononcés de schizophrénie, on constate des modifications anatomopathologiques suffisamment déterminé et qu’on ne trouve point dans les autres psychoses. L’intensité de ces modifications correspond à peu près à la gravité des symptômes primaires [...]. La schizophrénie est ainsi non seulement une entité clinique, mais en même temps une entité anatomopathologique ».
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Borderline
Cas limite se définissant sur le plan nosologique et structural comme intermédiaire ou « à la frontière » entre une structure névrotique et une structure psychotique.
Il s’agit donc de troubles mentaux dont la position nosographique reste assez ambiguë : les termes de psychonévroses graves, d’un côté, de schizophrénie pseudo-névrotiques, de l’autre, ont pu, à une certaine époque, les situer sur le plan diagnostique. Mais c’est plus au niveau de la structure de la personnalité, avec les travaux de O. Kernberg et de H. Kohut aux Etats-Unis, de J. Bergeret en France, que la notion s’est précisée. On écrit maintenant des personnalités limites et des états limites, et l’anglicisme tend à être progressivement supprimé.
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Bouc émissaire
En psychologie des groupes, personne rendue responsable par le groupe d’un dysfonctionnement et jouant aux yeux de l’observateur un rôle d’informateur ou d’indicateur de ces dysfonctionnements.
Pour les thérapeutes familiaux, le bouc émissaire a une fonction de neutralisation des forces antagonistes à l’intérieur de la famille, permettant ainsi le maintien de son homéostasie. Le bouc émissaire peut être reconnu comme malade, c’est alors le « patient désigné » ; il peut également ne pas être reconnu comme tel et il doit alors souvent sacrifier une partie de lui-même en vue de l’expiation d’une faute transfénérationnelle.
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Bouffée délirante
Episode psychotique transitoire caractérisé par un délire à thème polymorphes, souvent accompagné de troubles hallucinatoires multiples, survenant brusquement chez un sujet jusque-là indemne de troubles psychiques graves et rétrocédant spontanément au bout de deux à trois semaines en guérissant la plupart du temps sans laisser de séquelles.
C’est V. Magan et son école de l’hôpital Sainte-Anne (en particulier M. Legrain) qui, de 1880 à 1890, ont décrit ces manifestations délirantes subaiguës à début brutal et inattendu, sans systématisation, souvent illogiques et absurdes, à contenus multiples et variables (avec une certaine prédominance de thèmes persécutoires et mystiques), s’accompagnant fréquemment de phénomènes hallucinatoires plurisensoriels et se produisant sur des sujets prédisposés au terrain psychique particulièrement fragile : les dégénérés. Ces sujets atteints de dégénérescence sont pour Magnan des sujets « tarés », soit arriérés et débiles mentaux, soit « dégénérés supérieus » atteints de « déséquilibre » et de lacune du sens moral, de l’émotivité ou de l’intelligence. dans les conceptions de l’école de Saint-Anne, la bouffée délirante des dégénérés s’oppose à la psychose délirante chronique avec son délire bien construit et son évolution systématique survenant sur une personnalité antérieure normale.

En plus des troubles délirants et hallucinatoires, on note la présence, dans les bouffées délirantes, d’un trouble thymique allant de la dépression à l’excitation d’allure maniaque et d’une habituelle altération de l’état de conscience et de la vigilance : distrativité, aprosexie, atteinte subconfusionnelle de l’orientation spatiale et temporelle. Ce qui fait que E. Régis y verra un délire onirique d’origine toxique s’inscrivant dans le cadre de la confusion mentale, E. Dupré une psychose imaginative aiguë, W. Mayer-Gross une crise oniroïde, véritable état crépusculaire de la conscience, et H. Ey un état confusio-onirique où la conscience est en grande partie « déstructurée » puisqu’elle n’est plus conscience ni du monde interne ni de l’objectivité du monde externe. Ce dernier auteur, avec cette notion pour lui fondamentale de « déstructuration du champ de la conscience » a donné leur véritable identité psychopathologique à ces bouffées et états délirants subaigus. Il les a opposés aux affections mentales chroniques, en rapport avec une atteinte de la personnalité. Il a montré d’autre part que le contexte de survenue de la bouffée délirante peut être très divers : elle peut être liée à un état dysthymique avec « déstructuration de conscience » plus profonde que dans la simple manie, ou mélancolie ; elle peut représenter le début ou l’exacerbation d’une schizophrénie jusque-là latente ; ou elle peut être réactionnelle, en rapport avec un état de stress ou, parfois, une maladie organique, une intoxication, un syndrome de choc ou d’épuisement (bouffée délirantes réactionnelles des victimes d’un tremblement de terre ou d’un bombardement par exemple) Sans évoquer de nouveau la vielle dégénérescence, Ey admet qu’une personnalité immature, fragile, labile sur le plan émotionnel favorise la survenue d’une telle affection.
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Boulimie
C’est dans les années 1960-1970 que l’intérêt suscité par l’anorexie mentale et son traitement a permis de reconnaître la fréquence des conduites boulimiques au cours, ou au décours, de l’anorexie. L’alternance d’épisodes de boulimie et d’anorexie a d’ailleurs été soulignée par certains auteurs sous le nom de « boulimiarexia ». Les conduites boulimiques se rencontrent essentiellement chez les jeunes femmes étudiantes ou exerçant des professions valorisant l’esthétique (mannequins, danseuses).
La forme typique est la boulimie normopondérale avec vomissements. Le déclenchement de l’accès est souvent brutal : celui-ci se déroule en cachette, indépendamment des repas, en fin de journée ou après une contrariété.

Les troubles  psychologiques associés les plus fréquents sont un état dépressif, avec parfois une ou plusieurs tentatives de suicide, l’anxiété et l’intolérance aux frustrations et à la solitude. La personnalité des boulimiques évoque celle des états limites avec des traits névrotiques variés. Mais ce sont l’impulsivité et la facilité des passages à l’acte qui gênent les entreprises thérapeutiques. Le patient recourt à l’alcool, aux drogues et aux médicaments pour lutter contre son angoisse et ses difficultés. Cette conduite apparaît le plus souvent à la fin de la puberté et peut se prolonger de longues années.

La psychopathologie de la boulimie reste encore difficile à cerner. Certains auteurs (P. Jeammet) insistent sur l’importance de la relation de dépendance du patient envers son entourage. Il est à la fois « très sensible aux attitudes d’autrui et capable de s’opposer et de mettre en échec toute tentative de le faire changer ». Cette dépendance serait à mettre en rapport avec un échec relatif des processus d’intériorisation des premières relations de l’enfant avec l’entourage, notamment sa mère.
Pour d’autres, les facteurs biologiques sont au premier plan et de nombreuses études ont tenté de relier ces conduites aux troubles de l’humeur, en tirant argument des facteurs familiaux, des marqueurs biologiques de la dépression, de la réponse de certains patient aux chimiothérapies antidépressives. Le traitement est donc difficile et nécessite d’obtenir la collaboration du patient. Parfois, l’hospitalisation est nécessaire mais d’efficacité limitée dans le temps.
L’approche diététique est indispensable, de même que les thérapies de groupe, surtout celles gérées par les patients eux-mêmes.
Biblio. Igoin, L., 1979, « la Boulimie et son infortune », Paris, P.U.F ; Laxenaire, M.., 1983, « la Nourriture, la société et le médecin », Paris, Masson ; Samuel-Lajeunesse, B., et Fass, D., 1984, « la Boulimie, symptôme ou syndrome ? », in « Annales médico-psychologiques », 142, n°1, 1-23.
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Bovarysme
Comportement d’un sujet que l’insatisfaction, surtout psychoaffective, entraîne à s’adonner à des rêveries diurnes où il se crée une image de lui particulièrement brillante, irréaliste et avantageuse dans un dessein compensatoire.
Le terme, introduit par J. de Gaultier à partir du nom de l’héroïne du roman de G. Flaubert, décrit une conduite névrotique narcissique s’accompagnant d’une perturbation de la fonction du réel et d’une exagération des activités imaginatives, fréquente chez les hystériques (J. Delay) et dans certains états limites avec système d’idéalisation défensif (« soi grandiose » de H. Kohut).
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Bradykinésie
Ralentissement global des mouvements et des activités psychomotrices sans atteinte neurologique.
La bradykinésie se rencontre dans la maladie de Parkinson et dans les séquelles de l’encéphalite épidémique et peut aller parfois jusqu’à l’akinésie (avec kinésies paradoxales sous l’effet de certaines émotions).
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Bradyphrénie
Ralentissement de l’activité intellectuelle. Le terme a été utilisé en 1922 par Naville pour décrire le ralentissement mental des sujets victimes de l’encéphalite léthargique.
Appliqué à la maladie de Parkinson, il se réfère au ralentissement du temps de traitement cognitif de l’information. La bradyphrénie serait donc un trouble mental purement qualitatif, se distinguant des autres difficultés, source d’allongement des temps de réponse : difficultés motrices ou sensorielles, raltentissement d’origine thymique, handicap qualificatif résultant des troubles cognitifs. Si la bradyphrénie constitue bien un fait clinique indiscutable, son autonomie demeure hypothétique car elle est difficile à distinguer du ralentissement accompagnant les troubles cognitifs frontaux.
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Bradypsychie
Ralentissement de la pensée avec diminution de l’attention volontaire, de l’intérêt spontané et de l’initiative.
C’est une lenteur des processus psychiques que l’on remarque dans les états confuso-démentiels, dans les séquelles de l’encéphalite épidémique, dans l’épilepsie et dans certaines maladies neurologiques comme celle de Parkinson. Elle doit être distinguée de la détérioration intellectuelle, qui ne l’accompagne pas forcément.
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Break-down
Effondrement de l’activité mentale, en rapport avec un état dépressif.
Le terme de break-down est en fait synonyme de « dépression nerveuse » dans le langage populaire anglo-américain et a gagné le vocabulaire psychiatrique pour qualifier certaines formes de dépressions subaiguës dues à l’épuisement ou au surmenage.
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Broca (aire de)
Aire corticale située sur la face externe de l’hémisphère cérébral dominant, à la partie inférieure de la troisième circonvolution frontale. La destruction de l’aire de Broca provoque une aphasie motrice, ou anarthrie. Dans l’aphasie dite « de Broca », la parole est laborieuse et lente, l’articulation est altérée. En conséquence, le langage, bien que sémantiquement cohérent, revêt un « style télégraphique ».
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