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idéal du moi
    Instance psychique qui choisit parmi les valeurs morales et éthiques requises par le surmoi celles qui constituent un idéal auquel le sujet aspire.

    L'idéal du moi apparaît tout d'abord pour S. Freud (Pour introduire le narcissisme, 1914) comme un substitut du moi idéal. Sous l'influence des critiques parentales et du milieu extérieur, les premières satisfactions narcissiques procurées par le moi idéal sont progressivement abandonnées et c'est sous forme de ce nouvel idéal du moi que le sujet cherche à les reconquérir. Ultérieurement, après l'élaboration de la seconde topique, l'idéal du moi devient une instance momentanément confondue avec le surmoi en raison de sa fonction d'auto-conservation, de jugement et de censure qui augmente les exigences du moi et favorise le refoulement. Cependant, elle s'en différencie dans la mesure où elle essaie de concilier les exigences libidinales et les exigences culturelles, ce en quoi  elle intervient dans le processus de la sublimation. Pour Freud, le fanatisme, l'hypnose ou l'état amoureux représentent trois cas où un objet extérieur : le chef, l'hypnotiseur, l'aimé, vient occuper la place de l'idéal du moi au point même où le sujet projette son moi idéal.
    Pour J. Lacan, l'idéal du moi désigne cette instance de la personnalité dont la fonction sur le plan symbolique est de réguler la structure imaginaire du moi, les identifications et les conflits qui régissent ses rapports à ses semblables.
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identification
    Assimilation d'un moi étranger dont la conséquence est que le premier se comporte comme l'autre à certains points de vue, qu'il limite, en quelques sorte, et qu'il l'accueille en lui-même sans s'en rendre compte.

L'identification chez Freud
    "Qui copiez-vous là?" demande S. Freud à Dora à l'occasion de douleurs aiguës d'estomac. Il apprend alors que Dora a rendu visite la veille à ses cousines, dont la cadette venait de se fiancer, et l'aînée, à cette occasion, s'était mise à souffrir d'estomac, ce que Dora impute immédiatement à la jalousie. Freud nous dit alors que Dora s'indentifie à sa cousine.
    Il faut noter que dans ce texte Freud n'emploie le terme : "identification" que dans un but descriptif.
    Ce n'est que tardivement, lors du bouleversement de sa doctrine, autour de 1920, que Freud va mettre au premier plan l'identification. Elle est le point autour duquel s'ordonne la totalité du texte : "Psychologie collective et analyse du moi" (1921). Le chapitre VII lui est spécialement consacré, chapitre dans lequel Freud en décrit trois formes.
>    La deuxième identification rend compte du symptôme par une substitution du sujet, soit à la personne qui suscite son hostilité, soit à celle de Dora justement, dans le deuxième cas.
>    La troisième dite hystérique, Freud l'appelle "identification par le symptôme" et la motive par la rencontre fortuite d'un élément analogue et refoulé dans les deux moi en cause.
>    La forme d'identification décrite en premier par Freud est la plus énigmatique. Quel sens donner en effet à la formule : attachement affectif le plus ancien à une autre personne puisque, justement, il n'y a pas encore d'objet constitué au sens de la doctrine ? De quel ordre est ce père que le petit garçon constitue comme son idéal alors que, dans une note de l'ouvrage : "le Moi et le ça" (1923), Freud dit qu'il vaudrait mieux parler des parents à ce moment où la différence des sexes n'a pas encore été prise en considération ?
    La question se trouve alors posée : y a-t-il un rapport ou non entre cette identification et les deux autres, celles-ci ne se distinguant que par la nature, libidinale ou non du rapport à l'objet inducteur ? Dans l'application qu'il en fait à la constitution d'une foule, Freud maintient une séparation puisque, le même objet ayant remplacé l'idéal du moi de chacun des membres de la foule, l'identifiction du troisième type va alors pouvoir se manifester entre chacun d'eux. Cette position est confirmée dans : "le Moi et le ça", lorsque Freud fait dépendre les identifications constitutives du moi de l'idéal du moi.

    Dans l'usage que Freud fait des identifications successives au cours de diverses situations cliniques, la différence s'accentue. L'idéal du moi garde immuablement son caractère originaire, mais les autres formes d'identification entretiennent avec l'investissement objectal des rapports problématiques. L'identification succède à un investissement objectal auquel le sujet doit renoncer, ce renoncement dans la réalité allant de pair avec une forme de maintien dans l'inconscient qu'assure l'identification. Il en est ainsi, selon Freud, de le cas de l'homosexualité masculine.
    Mais ailleurs, dans : "Deuil et Mélancolie, Freud présente l'identification comme le stade préliminaire du choix objectal. Il en serait ainsi dans la mélancolie, où Freud donne à ce qu'il appelle "le conflit ambivalentiel" un rôle plus essentiel qu'au phénomène identificatoire, comme plus tard aussi dans la paranoïa de persécution où la transformation paranoïaque de l'amour en haine est justifiée par le "déplacement réactionnel de l'investissement" à partir d'une ambivalence de fond.

L'identification chez Lacan
    Il est tout à fait remarquable que le terme : d"'identification" soit repris par Lacan dès le début de sa réflexion théorique puisque la thèse concernant la phase du miroir (1936) se trouve ramenée pour conclure à l'assomption de l'image spéculaire conçue comme fondatrice de l'instance du moi.
    Celui-ci voit donc son statut définitivement assuré dans l'ordre imaginaire. Cette identification narcissique originaire sera le point de départ des séries identificatoires dont le moi se trouvera constitué, leur fonction étant une fonction de : "normalisation libidinale".
    Ce n'est que beaucoup plus tard que Lacun introduira la distinction essentielle entre moi idéal (dimension imaginaire) et idéal du moi (dimension symbolique).

    Il faut, comme le propose Lacan, partir de l'idéal du moi envisagé comme point concret d'identification du sujet au signifiant radical. Le sujet, du fait qu'il parle, avance dans la chaîne des énoncés qui définissent la marge de liberté qui sera laissée à son énonciation. Le signifiant ainsi élidé est au mieux exemplifié par le "trait unaire", et cette élision est constituante pour le sujet. "Autrement dit, si jamais le sujet arrive à l'identification, à l'affirmation que c'est le même que de penser et être, à ce moment-là, il se trouvera lui-même irrémédiablement divisé entre son désir et son idéal."
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identité sexuelle
    Fait de se reconnaître et d'être reconnu comme appartenant à un sexe.

Sexe et identité sexuelle
    Le concept d'"identité sexuelle", introduit par R. Stoller en 1968, vise à établir une distinction entre les données biologiques, qui font objectivement d'une individu un mâle ou une femelle, et celles, psychologiques et sociales, qui l'installent dans la conviction d'être un homme ou une femme.

Formation de l'identité transexuelle
    Le premier constat est que les transexuels, quoique désirés comme garçons, reconnus sans équivoque et bien acceptés comme tels, présentent dès leur petite enfance un comportement féminin.
    D'autre part, leurs mères sont décrites comme présentant certaines caractéristiques communes, qui sont de s'être mariées tard et sans enthousiasme avec des hommes qui ne comptent guère et s'absentent beaucoup, d'avoir eu avec leurs fils une relation de proximité physique très étroite beaucoup plus longtemps qu'il n'est habituel et, enfin, de ne voir aucune objection, bien au contraire même, aux conduites féminines de leurs fils.
    Cette relation, Stoller la qualifie de "symbiotique" mais la distingue de celle qui unit la mère du schizophrène à son enfant en ce qu'il n'existerait ici aucune source de souffrance, aucun double bind, simplement l'installation sans conflit d'une identité féminine dans la période pré-oedipienne par un processus d'identification induit par la mère et dont toute problématique phallique serait exclue.

Une théorie antifreudienne
    On voit donc que la théorie de Stoller est clairement antifreudienne sur ce point. L'origine de l'identité sexuelle se situe en effet pour lui dès l'âge de un an et demi à deux ans, indépendamment des complexe d'OEdipe et de castration. Conformément aux positions de K. Horney et de E. Jones il considère comme obsolète la conception d'une libido unique et donc du caractère fondateur et central du phallus pour les deux sexes.
    Cette prise de position a pour conséquence, en ce qui concerne le transsexualisme, de rendre impossible sa définition en tant que structure pathologique. Ce ne peut être ni une névrose ni une perversion, puisque cette structure est antérieure à la problématique oedipienne, et pourtant ce n'est pas non plus un psychose, puisque le transsexualisme s'installe sans conflit et sans double lien, point de vue confirmé à ses yeux par le constat que les capacités d'intégration sociale de ces patients restent intactes.

Identité sexuelle et inconscient
    Alors que Soller reconnaît que ces mères de transsexuels se comportent avec leur enfant comme s'il était une partie d'elles-mêmes, plus précisément une partie de leur corps - il va jusqu'à dire leur phallus -, faut d'établir la distinction nécessaire entre castration imaginaire, réelle et symbolique, il ne peut tirer de ce constat la conséquence qui s'impose, à savoir qu'elles installent ainsi, du fait même de l'absence en elles de désir pour un homme qui viendrait les séparer de leur enfant, une situation propice à l'éclosion de la psychose. Cet enfant, ainsi privé de castration symbolique, ne pourra qu'être le phallus imaginaire de sa mère, ce qui exclura pour lui qu'il puisse l'avoir.
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imaginaire
    L'ensemble terminologique élaboré par J. Lacan," réel, symbolique et imaginaire" a fait l'objet d'un séminaire en 1974-75, intitulé R.S.I. On ne peut penser l'imaginaire que dans ses rapports avec le réel et le symbolique. Lacan les représente par trois ronds de ficelle noués borroméennement, c'est-à-dire d'une manière telle que, si l'on défait l'un des ronds, les deux autres se défont aussi.
    Lacan parle du "registre imaginaire", du "registre symbolique" et du réel. Ces deux registres sont des outils de travail indispensables à un analyste pour se repérer dans la direction de la cure, le réel étant à repérer comme l'ordre de l'impossible. L'imaginaire est à entendre à partir de l'image. C'est le registre du leurre, de l'identification. Dans la relation intersubjective, quelque chose de factice s'introduit toujours qui est la projection imaginaire de l'un sur le simple écran que devient l'autre. C'est le registre du moi avec ce qu'il comporte de méconnaissance, d'aliénation, d'amour et d'agressivité dans la relation duelle.

Le stade du miroir
    Pour comprendre l'imaginaire, il faut partir du stade du miroir. Il est une des phases de constitution de l'être humain qui se situe entre six et dix-huit mois, période caractérisée par l'immaturité du système nerveux. L'enfant auparavant se vit comme morcelé, il ne fait aucune différence entre ce qui est lui et le corps de sa mère, entre lui et le monde extérieur. Porté par sa mère, il va reconnaître son image dans le miroir, anticipant imaginairement la forme totale de son corps. Mais c'est comme un autre, l'autre du miroir en sa structure inversée, que l'enfant se vit tout d'abord et se repère; ainsi s'instaure la méconnaissance de tout être humain quant à la vérité de son être et sa profonde aliénation à l'image qu'il va donner de lui-même. C'est l'avènement du narcissisme dans le plein sens du mythe car il indique la mort, mort liée à l'insuffisance vitale dont ce moment est issu.
    On peut repérer ce temps de reconnaissance de l'image de son corps par l'expression jubilatoire de l'enfant, qui se retourne vers sa mère pour lui demander d'authentifier sa découverte. C'est parce que l'enfant est porté par une mère dont le regard le regarde, un mère qui le nomme - "oui c'est toi Pedro, Pierre, Paul, ou Jacques, mon fils" - que l'enfant prend rang dans la famille, dans la société, dans le registre symbolique. La mère l'instaurant dans son identité particulière, elle lui donne une place, à partir de quoi le monde pourra s'organiser, un monde où l'imaginaire peut inclure le réel et du même coup le former.
    On peut comprendre ainsi le stade du miroir comme la règle de partage entre l'imaginaire, à partir de l'image formatrice mais aliénante, et le symbolique, à partir de la nomination de l'enfant, car le sujet ne saurait être identifié par rien d'autre qu'un signifiant, qui dans la chaîne signifiante renvoie toujours à un autre signifiant.

Les identifications dans la cure
    Il y a tout un travail dans la cure qui se fait autour des identifications. Malgré ses défenses et ses étraintes narcissiques, le patient aura à reconnaître qu'il parle d'un être qui n'a jamais été que son oeuvre dans l'imaginaire : discours imaginaire du patient qui semble parler en vain de quelqu'un qui lui ressemble à s'y méprendre, mais qui ne se joindra jamais à l'assomption de son désir.

La dénégation
    Une des manifestations de ce qu'implique de méconnaissance le registre imaginaire est bien ce que S. Freud a appelé la Verneinung, c'est-à-dire la dénégation. "N'allez pas croire qu'il s'agit de ma mère", dit le patient de Freud expliquant son rêve, et Freud immédiatement de conclure : "C'est sa mère". Le patient ne peut laisser parler le sujet, le sujet de l'inconscient, que sous une forme niée.
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imago
    Terme introduit par C. G. Jung (1911) pour désigner une représentation telle que le père (imago paternelle) ou la mère (imago maternelle), qui se fixe dans l'inconscient du sujet et oriente ultérieurement sa conduite et son mode d'appréhension d'autrui.

    L'imago est élaborée dans une relation intersubjective et peut être déformée par rapport à la réalité. Ainsi, l'imago d'un père fort peut être substituée à un père inconsistant dans la réalité.
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inceste
    relations sexuelle entre proches parents ou alliés dont le mariage est prohibé par la loi.

    L'interdit de l'inceste est universel. Mais selon S. Freud il toujours inconsciemment désiré. Sa prohibition empêche pour l'être humain deux tendances fondamentales : tuer son père et épouser sa mère. Dans les sociétés modernes et de type occidental, son champ d'application est restreint psychanalytiquement au triangle père-mère-enfant et sa fonction est intériorisée. Freud introduit dans : "Totem et Tabou" (1912-13) le mythe originel du meurtre du père de la horde primitive, suivi de l'expiation des fils, pour rendre compte de l'intériorisation de cet interdit qui signe les débuts de la culture et de l'humanité comme telle.

    Cette conception est contéstée par C. Lévi-Strauss (le Totémisme aujourd'hui, 1961), dont les travaux permettent de saisir, d'un point de vue structural, le clivage du couple nature-culture auquel s'articule la prohibition de l'inceste. Celle-ci ne dépend pas toujours des degrés de parenté réels, mais du rapport social qui désigne certains individus au rang de père, mère, fils, soeur, etc. Aussi l'interdit de l'inceste est-il un règle qui a son origine dans la nature par son caracètre d'universalité, mais qui se fonde dans la culture, où elle est structurée par le langage.
    J. Lacan reprend cette dernière thèse en précisant que l'enfant ne peut avoir accès au symbolique que par le concours de la loi édictée par le père, celle qui signifie l'interdit de l'inceste.
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inconscient
    Contenu absent à un moment donné de la conscience qui est au centre de la théorie psychanalytique.

    Selon la première topique de l'appareil psychique, S. Freud nomme inconscient l'instance constituée d'éléments refoulés qui se sont vu refuser l'accès à l'instance préconscient-conscient. Ces éléments sont de représentants pulsionnels qui obéissent aux mécanismes du processus primaire.
    Dans la seconde topique, le terme d'inconscient qualifie l'instance du ça et s'applique partiellement à celles du moi et du surmoi.

L'inconscient est le discours de l'autre
    Pour Lacan, les ornières de l'analyse postfreudienne tiennent au fait qu'on a oublié que l'expérience analytique est celle où le sujet est confronté à la vérité de sa destinée nouée à l'omniprésence des discours à travers lesqueles il est constitué et situé. Puisqu'il n'est de vérité et de signification en dehors du champ de la parole et du langage, il est nécessaire de reconnaître, au-delà de la relation interhumaine, l'hétéronomie de l'ordre symbolique. Si toute parole a une adresse, la découverte freudienne s'éclaire de la distinction entre le semblable, autre auquel le sujet s'identifie dans le dialogue, et l'Autre, lieu d'où se pose pour lui la question de son existence concernant son sexe et sa contingence dans l'être, nouée dans les symboles de la procréation et de la mort.
    Cette question met en évidence la détermination de la loi symbolique qui fonde l'alliance et la parenté, loi que Freud avait reconnue comme motivation de complexe d'OEdipe. Cette loi est identique à l'ordre du langage car c'est à travers les nominations de la parenté et les interdits que son noue le fil des lignées.

L'inconscient est structuré comme un langage
    C'est en s'appuyant sur les avancées de la linguistique de F. de Saussure et de R. Jakobson que Lacan montre que l'on peut retrouver, dans les lois qui régissent l'inconscient, les effets essentiels qui se découvrent au niveau de la chaîne du discours effectif : l'inconscient est structuré comme un langage, ce qui ne signifie pas comme une langue.
    On sait que les apports essentiels de la linguistique structurale tiennent à la distinction du signifiant et du signifié, le signifiant constituant un réseau à structure synchronique du matériel du langage en tant que chaque élément y prend sa fonction pour autant qu'il est différent des autres.
    La psychanalyse permet cependant d'avancer la position primordiale du signifiant par rapport au signifié, les deux ordres étant séparés par une barre résistant à la signification : il faut abandonner l'illusion que le signifiant représente le signifié; ainsi les signifiants "homme" et "femme" ne renvoient pas aux concepts d'homme et de femme, mais à la différence des places assignées à l'un et à l'autre par la loi symbolique, c'est-à-dire phallique : ce pourquoi "le motifs de l'inconscient se limitent au désir sexuel".

Le sujet de l'inconscient
    Les productions de l'inconscient témoignent que "ça pense" au niveau de l'inconscient. Il faut distinguer le sujet de l'énoncé, sujet grammatical lié à la prestance, qui ratiocine mais ne pense pas, et le sujet de l'énonciation. Si les productions de l'inconscient se caractérisent par le mode d'achoppement autant que de trouvaille sous lequel elles apparaissent, il faut admettre que l'inconscient a une structure de discontinuité, de fente aussitôt refermée qu'apparue, structure de battement temporel où le sujet de l'énonciation s'entr'aperçoit l'espace d'un instant : celui du ratage de l'objet du désir, qui fuit toujours.
    Le sujet de l'inconscient est cependant fondamentalement sans voix. La structure différentielle du signifiant implique que le sujet soit représenté par un signifiant maître pour un autre signifiant, lequel a pour effet l'évanouissement du sujet. Ainsi, le sujet est pétrifié, réduit à n'être plus qu'un signifiant, du même mouvement où il est appelé à parler. Il ne peut que donner à entendre quelque chose dans le retour de refoulé : ainsi s'explique que le rêve soit un rébus, c'est-à-dire une expression pictographique sans alphabet constitué, dont les éléments sont équivoques et variables hormis la symbolique sexuelle; les pensées du rêve, non arbitraire, ne peuvent se conclure sur un sens définitif, car leur cause, point ombilical, échappe : ce qui Lacan nomme le réel.
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incorporation
    Mode de relation à l'objet, qui tend à la faire pénétrer en soi, demeurer en soi, au moins fantastiquement.

    L'incorporation est d'abord à mettre en relation avec ce que Freud décrit comme satisfaction orale. Cependant elle ne se limite pas au plaisir de la succion, tendant plutôt à l'absorption totale de l'objet. Comme celle-ci n'irait pas sans destruction, l'incorporation est liée à des fantasmes sadiques d'anéantissement. C'est en tout cas ce que développent K. Abraham et M. Klein.
    L'incorporation n'est pas une activité purement orale; la respiration, la vision, l'audition peuvent en effet fonctionner sur ce modèle. Par ailleurs, l'incorporation est sans doute un modèle corporel de l'introjection, un processus tout à fait essentiel pour la constitution du moi lui-même, en tant que celui-ci se forme en se distinghant de l'extérieur et en faisant pénétrer en lui ce qui est bon.
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inhibition
    Limitation fonctionnelle du moi, qui peut avoir des origines très diverses.

    Le terme d'inhibition se prend parfois dans un sens très large : ainsi, S. Freud rappelle qu'on peut donner le nom d'inhibition à la limitation normale d'une fonction. Par ailleurs, le symptôme lui-même peut avoir valeur d'inhibition comme dans le cas de la paralysie motrice, qui dans certains cas d'hystérie empêche la locomotion. Mais il est sans doute préférable de réserver l'usage de ce terme aux phénomènes qui impliquent une véritable renonciation à une fonciton, renonciation dont le moi serait le siège et dont l'inhibition au travail serait un bon exemple.
    C'est dans cette perspective qu'on peut tenter une description plus précise : la fonction qu'un organe remplit au service du moi se trouve inhibée lorsque sa signification sexuelle s'accroît. "Lorsque l'écriture, qui consiste à faire couler d'une plume un liquide sur une feuille de papier blanc, a pris la signification symbolique du coït, ou lorsque la marche est devenue le substitut du piétinement sur le corps de la terre mère, écriture et marche sont toute deux abandonnées parce qu'elles reviendraient à exécuter l'acte sexuel interdit." (Freud, Inhibition, symptôme et angoisse, 1926). Ici, dit Freud, le moi renonce à certaines fonctions pour ne pas avoir à entreprendre un nouveau refoulement, pour ne pas entrer en conflit avec le ça.
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instance
    toute structure de l'appareil psychique dans les différentes topiques.

    Le ça, le moi, le surmoi, la censure, etc., sont autant d'instances différentes.
    Si les premiers textes de S. Freud proposent surtout une tentative de description des divers systèmes psychiques séparés (inconscient, perception-conscience), et une tentative de repérage de leur situation "topique", le terme d'instance met l'accent non plus sur le point de vue topique mais sur le point de vue dynamique. Ces instances, le surmoi par exemple, exercent une action effective est c'est le conflit entre instances psychiques qui est déterminant pour le sujet.
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instinct
    Schème de comportement caractéristique, dans le monde animal, d'une espèce, variant peu d'un individu à l'autre, transmis génétiquement et paraissant répondre à une finalité.

    Si S. Freud utilise parfois le terme allemand Instinkt pour désigner des "schèmes phylogénétiques héréditaires", il use du terme Trieb pour ce qui concerne les processus tendant à la conservation de l'individu ou de l'espèce. Or ce dernier terme, qu'on a parfois traduit aussi par "instinct", est plus justement traduit par "pulsion". La terme "instinct", en effet, risquerait de faire méconnaître le caracètre variable du but ou la contingence de l'objet dans la sexualité humaine.
    J. Lacan cependant, qui accentue l'affinité de toute pulsion avec la mort, reprend le terme d'instinct en ce qui concerne l'"instinct de vie", forme immortelle de la libido, qui est soustraite à l'être vivant - et mortel -dès lors qu'il est soumis au cycle de reproduction sexuée.
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interprétation
    Intervention de l'analyste tendant à faire surgir un sens nouveau au-delà du sens manifeste que peut présenter un rêve, un acte manqué, voir une partie quelconque du discours du sujet.

    L'interprétation est présente dès le début dans les oeuvres de Freud. Dans les premiers temps, cependant, le travail de la cure consiste surtout à faire revenir des souvenirs pathogènes refoulés. Ce n'est qu'à mesure que la difficulté de cete reconstitution mnésique se fit sentir, et notamment avec l'abandon de l'hypnose, que Freud s'attacha davantage à se servir du matériel que ses patients lui amenaient spontanément et à l'interpréter.
    Une valeur particulière doit bien sûr ici être reconnue au rêve. Si celui-ci réalise un désir, mais si en même temps le compromis avec la censure fait que ce désir reste dissimulé, il est nécessaire d'interpréter le rêve manifeste pour faire ressortir le rêve latent. Il faut d'ailleurs noter que, si le sujet a tendance, en racontant son rêve, à effacer les aspects absurdes ou incohérents, à lui donner très vite du sens, c'est à rebours de cette première interprétation que va le plus souvent l'inteprétation psychanalytique.

    L'interprétation du rêve fait cependant appel au rêve. Pour la psychanalyse, en effet, il n'est pas question de constituer une clef des songes, un dictionnaire universel des symboles...

    Forgée principalement en relation avec l'analyse des rêves, l'interprétation se trouve bien sûr appliquée à un matériel beaucoup plus large, incluant lapsus, actes manqués, oublis et, généralement, tout ce qui porte la marque de l'inconscient.

    Les psychanalystes ont eu de plus en plus tendance à être prudents dans leurs interprétations, contrairement à certains médecins peu avertis de la psychanalyse qui pratiquaient une : "psychanalyse sauvage" au dire de Freud. Dès lors qu'un élément d'un rêve par exemple peut être surdéterminé, c'est-à-dire renvoyer à plusieurs chaîne associatives différentes, une interprétation qui privilégierait un sens et un seul est tout à fait problématique.
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introjection
    Processus qui consiste à transposer sur un mode fantasmatique les objets extérieurs et leurs qualités inhérentes dans les diverses instances de l'appareil psychique.

    Le terme d'introjection, introduit par S. Ferenczi, est fréquemment utilisé par oppostion à celui de projection.

    Chez M. Klein, introjection et projection sont liées respectivement aux bons et mauvais objets qui peuvent être introduits ou expulsés. En ce sens, l'introjection semble fonctionner sur le modèle de l'incorporation qui en serait la matrice corporelle.

    Dans une perspective lacanienne, on insistera sur le fait que l'introjection est toujours symbolique ("emprunt" d'un trait signifiant par exemple), alors que la projection est imaginaire. L'introjection joue dès lors un rôle essentiel dans l'identification.
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introversion
    Chez un sujet, retrait des investissements libidinaux des objets du monde extérieur au bénéfice de son monde intérieur.

    Ce terme, introduit par C. Jung, a été repris par S. Freud, mais l'introversion ne désigne plus chez ce dernier que le retrait de la libido sur les formations fantasmatiques.
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investissement
    Mobilisation et transformation par l'appreil psychique de l'énergie pulsionnelle ayant pour conséquence d'attacher cette dernière à une ou plusieurs représentations inconscientes.

    Dans ses premiers travaux (notamment : "Projet de psychologie scientifique", 1895), S. Freud concevait l'investissement comme le déplacement (au sens mécanique du terme) d'une certaine quantité d'énergie au sein du système nerveux.
    Mais dans : "l'Interprétation des rêves" 1900, la notion d'appareil psychique remet en cause cette description : dans celui-ci, en effet, la quantité d'énergie se répartit et se transforme à l'intérieur des instances. La nature de cette énergie d'investissement sera définie dans le cadre de la seconde théorie de l'appreil psychique (1920) comme énergie pulsionnelle tirant son origine du ça. L'usage actuel de "investissement" déborde largement son acception orinale : on parle de l'investissement d'un objet (fantasmatique ou réel), du corps propre, d'une partie du corps, etc.
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isolation
    Mécanisme de défense, caractéristique de la névrose obsessionnelle, qui consiste à isoler une pensée ou un comportement de telle sorte que l'expérience vécu se trouve dépouillée de son affect ou de ses associations.

    Présentant, dans : "Inhibition, symptôme et angoisse" (1926), les diverses "défenses" par lesquelles le sujet se protège contre les représentations qu'il ne peut accepter, S. Freud donne une description d'un mécanisme typique de la névrose obsessionnelle, qu'il appelle "isolation". Ce procédé consiste notamment à intercaler après un événement désagréable ou encore après une "activité du sujet dotée d'une signification pour la névrose" une pause "durant laquelle plus rien ne saurait arriver, aucune perception avoir lieu, aucune action être accomplie". Ce procédé, qui a un effet tout à fait comparable à celui du refoulement, est favorisé par le processus de la concentration, processus "normal", au moins en apparence, mais qui tend à tenir éloigné tout ce qui paraît incongru ou contradictoire.
    L'isolation, que Freud rapproche, comme l'annulation rétroactive, de la pensée magique, renvoie sans doute à une phobie du toucher. Elle constitue par ailleurs pour la cure un obstacle d'autant plus sensible qu'elle entrave le fonctionnement du travail associatif : un sujet peut parfaitement dénier toute articulation entre deux idées qu'il isole l'une de l'autre dès lors que cette articulation aurait pour lui une conséquence insupportable.
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