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Mahler (Margaret)
    Psychanalyste américaine d'origine autrichienne (Sopron 1897 -Nex York 1985). 

    Elle crée un centre de guidance infantile à Vienne en 1930 et travaille avec Anna Freud. En 1938, elle part pour les Etats-Unis, où elle crée un centre pour les enfant psychotiques à New-York en 1957. Elle est une des premières à imposer la notion de troubles psychotiques chez l'enfant de moins de trois ans. Elle a écrit notamment : "la Naissance psychologique de l'être humain" (1975). 
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maniaco-dépressive (psychose)
    >Psychose maniaco-dépressive.
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masochisme
    Recherche de la douleur physique ou, plus généralement, de la souffrance et de la déchéance, qui peut être consciente mais aussi inconsciente, notamment dans le cas du masochisme moral.

    Le terme masochisme vient du nom de Léopold von Sacher-Masoch, écrivain autrichien (1836-1895) qui décrivit dans ses romans une attitude de soumission masculine à la femme aimée, avec recherche de la souffrance et de l'humiliation.
    Pour la psychanalyse, le masochisme constitue une de forme dans lesquelles peut s'engager la libido.
    La prise en compte de la sexualité infantile montre que la pulsion sexuelle prend couramment dans l'enfance une dimension sadique ou masochiste. C'est dans le renversement masochiste que la sensation de douleur peut se lire à l'excitation sexuelle.
    Le masochisme infantile cède généralement au refoulement. Il subsiste dès lors dans l'inconscient sous forme de fantasmes. C'est le cas notamment du fantasme : "un enfant est battu", célèbre parce que Freud lui a consacré un des articles les plus importants en ce qui concerne la théorie psychanalytique du fantasme.
    Cette représentation fantasmatique, indique-t-il, est avouée chez les sujets hystériques ou obsessionnels qui ont demandé une analyse. Il s'y rattache des sentiments de plaisir et souvent une satisfaction onanistique, éventuellement rejetée en revenant alors de façon compulsionnelle. Freud démontre, à partir de quatre cas, tous féminins, les différents temps où le fanstasme se présente sous la forme : "le père bat l'enfant haï par moi", forme témoignant d'une rivalité infantile primitive. Le second, reconstruit par l'analyse, où c'est le sujet lui-même qui est battu : "je suis battu(e) par le père." A cette étape, masochiste, le fait d'être battu satisfait la culpabilité oedipienne et permet en même temps l'obtention d'un plaisir sur un mode régressif. Ce n'est que dans une troisième étape que le fustigateur comme l'enfant battu perdent toute identité définie, ce qui permet au fantasme de se maintenir conscient sous cette nouvelle forme, tolérée cette fois par la censure.

    Le masochisme moral est celui de ces sujets qui n'attendent pas leur souffrance d'un partenaire mais qui s'arrangent pour l'obtenir des diverses circonstances de la vie, témoignant ainsi d'une dsorte de : "sentiment inconscient de culpabilité" ou, si cette expression paraît trop paradoxale, d'un "besoin inconscient de punition".
    Cette forme de masochisme peut paraître totalement désexualisée, mais Freud indique que le besoin de punition, lorsqu'il se révèle comme désir d'être battu par le père, peut renvoyer à celui d'avoir des rapports sexuels passifs avec lui.

    Lacan s'est intéressé à la quesion du masochisme. Il a notamment tenté de démontrer que, en se faisant objet, en se faisant déchet, le masochiste vise à provoquer l'angoisse de l'Autre, un Autre qu'il faut situer au-delà du partenaire du pervers, au Autre qui à la limite se confondrait ici avec Dieu. En fait, ce que l'on peut surtout saisir, c'est qu'il y a une pente de tout sujet vers le masochisme précisément en ce que l'Autre, où chacun cherche le sens de l'existence, l'Autre auquel nous posons la question de notre être, ne répond pas. Dès lors, curieusement, le sujet suppose le pire et n'est jamais si assuré d'exister aux yeux de l'Autre que lorsqu'il souffre.
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mathème
    Selon J. Lacan, ensemble d'écriture d'aspect algébrique rendant compte de concepts clefs de la théorie psychanalytique.

    Par l'écriture, le mathème ressemble aux formules algébriques et formelles existant en mathématiques, en logique et dans les sciences mathématisées et pour Lacan il s'agissait là du pont rattachant la psychanalyse à la science. Une des fonctions du mathème est de permettre une transmission du savoir psychanalytique, transmission portant sur la structure en dehors des variations propres à l'imaginaire et échappant à la nécessité du support de la parole de l'auteur.

La formule du signifiant

Le schéma L

Le graphe

Les quatre discours

Les mathèmes de la sexuation

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mélancolie
    Atteinte profonde du désir, conçue par S. Freud comme la psychonévrose par excellence, caractérisée par une perte subjective spécifique, celle du moi lui-même.

Entité clinique et état psychique
    En tant qu'entité clinique, la mélancolie participe de la réflexion nosologique freudienne dans son ensemble, et en particulier de la distinction opérée entre les névroses actuelles, les psychonévroses de défense, ou de transfert, et les psychonévroses narcissiques. Elle constitue de fait, le paradigme de ces dernières et se définit comme une dépression profonde et structurale, marquée par une extinction du désir et un désinvestissement narcissique extrême, En un mot, c'est une maladie du désir, constituée autour d'une perte narcissique grave.

Conceptions freudiennes
    L'on sait qu'au tout début de sa réflexion, Freud pratiqua un partage entre les : "névroses actuelles", dans l'étiologie desquelles n'intervenait aucun processus psychique, et les : "psychonévroses de défense" (hystérie, obsession), dont l'origine était au contraire nettement psychique. A cette occasion, il bâtit une théorie énergétique, fondée à la fois surl'opposition entre énergie sexuelle somatique et énergie sexuelle psychique et sur la nécessité de transformation de l'une en l'autre. Il émit alors l'hypothèse que la mélancolie résulait d'un manque de décharge adéquate de l'énergie sexuelle psychique, de la même façon que l'angoisse provenait d'un manque de décharge d'énergie somatique. Ainsi, la mélancolie constituait pour lui, à ce moment, un pendant la "névrose d'angoisse".
    20 ans après, ayant "introduit le concept de narcissisme" dans la théorie analytique, Freud put proposer un nouveau type de partage entre les psychonévroses de transfert (les névroses moderne), conçues comme "négatif de la perversion" et résultant des avatars (refoulement, introversion) des pulsions sexuelles, et les "psychonévroses narcissiques", dues à un "mauvais sort" des pulsions (libidinalisées) du moi. L'enjeu est d'importance : il s'agit d'un remaniement général du la théorie des pulsions, de la prise en compte, grâce au narcissisme, du moi comme objet princept d'amour, et d'une intelligence possible des psychoses. Celles-ci sont en effet dès lors comprises comme le produit d'un repli de la libido sur le moi, provoquant soit sa diffraction (paraphrénies), soit encore, précisément dans le cas de la mélancolie, un "engloutissement" puis un épuisement, de la libido, et finalement une perte du moi.
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métaphore
    Substitution d'un signifiant à un autre, ou transfert de dénomination

    "Un mot pour un autre, telle est la formule de la métaphore" écrit J. Lacan en donnant pour exemple un vers de V. Hugo dans Booz endormi : "Sa gerbe n'était pas avare ni haineuse..." Mais il ne s'agit pas simplement du remplacement d'un mot par un autre : "L'un s'est substitué à l'autre en prenant sa place dans la chaîne signifiante, le signifiant occulté restant présent de sa connexion (métonymique) au reste de la chaîne." Si, dans la chaîne signifiante, "gerbe" est mis pour Booz, dans une autre chaîne, c'est à l'économie agraire de celui-ci qu'il est fait appel.
    Il y a donc dans la métaphore un élément "dynamique de cette espèce d'opération de sorcière dont l'instrument est le signifiant et dont le but est une reconstitution après une crise du signifié" et, ajoute Lacan à propos de Hans, "du signifiant cheval... qui va servir de support à toute une série de transferts", à tous les remaniements du signifié.
    La substitution signifiante, "c'est d'abord ce que l'enfant trouve", le jeu du "fort-da" par exemple décrit par S. Freud dans : "Au-delà du principe de plaisir" 1920 : son petit fils symbolise (métaphorise) sa mère par une bobine qu'il fait disparaître au loin (allem. Fort) et apparaître (allem. Da) quand il le désire. (métaphorisation de l'aternance absence/présence).

Métaphore paternelle
    Dans le rapport intersubjectif entre la mère et l'enfant, un imaginaire se constitue ; l'enfant repère que la mère désire autre chose (le phallus) que l'objet partiel (lui) qu'il représente ; il repère sa présence-absence et repère enfin celui qui fait la loi ; mais c'est dans la parole de la mère que se fait l'attribution du responsable de la procréation, parole qui ne peut être que l'effet d'un pur signifiant, le nom-du-père, d'un nom à la place du signifiant phallique.
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métapsychologie
    Partie de la doctrine freudienne qui se présente comme devant éclairer l'expérience à partir de principes généraux, constitués souvent comme des hypothèses nécessaires plutôt que comme des systématisations à partir d'observations empiriques.

    Si l'oeuvre de Freud fait la part la plus large à l'approche clinique, si c'est de la cure, et notamment de la cure des hystériques, qu'il est parti, il en vient néanmoins assez vite à l'idée qu'il est absolument indipensable d'élaborer un certain nombre d'hypothèses, de concepts fondamentaux, de "principes", sans lesquels la réalité clinique demeurerait incompréhensible. Ces hypothèses concernent notamment l'existence de l'inconscient et, plus généralement, d'un appareil psychique divisé en instances, la théorie du refoulement, celle des pulsions, etc.
    Freud avait d'ailleurs le projet, qu'il ne réalisa que partiellement, de consagrer un ouvrage important à la métapsychologie. C'est dans ce livre qu'il indique qu'on pourrait parler de métapsychologie chaque fois qu'on arrive à décrire un processus dans le triple registre dynamique, topique, et économique.
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métonymie
    Mot mis à la place d'un autre et désignant une partie de ce qu'il signifie.

    C'est par la métonymie que J. Lacan introduit la possibilité du sujet d'indiquer sa place dans son désir. Comme la métaphore, la métonymie appartient au langage de la rhétorique. Concervant un : "exemple bateau" comme pour mieux nous faire saisir la duplicité des signifiants dans le langage, c'est l'exemple de "trente voiles" mis pour navires qui nous fait entendre autre chose : un rapport direct, mais est-ce beaucoup de bateaux, peu, pas assez ? Nous sentons qu'ici les conditions de liaison du signifiant sont celles de la contiguïté, une partie est mise pour un tout non mesurable.
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m'être
    Néologisme de J. Lacan forgé à partir des signifiants "moi" et "être", évoquant la question de la maîtrise.

    Ce néologisme conjoint l'emploi complexe chez Lacan de la notion d'être avec le développement de la question de la maîtrise, centrée depuis 1968 sur la notion de : "discours du maître".

L'Être est le moi
    Dans les : "Propos sur la causalité psychique", prononcés en 1946 et publiés dans : "les Ecrits" en 1966, Lacan montre que l'être humain est d'abord celui qui s'aliène à l'image de l'autre (stade du miroir) en une série d'identifications idéales. C'est grâce à ces identifications que l'enfant entre dans la : "passion d'être un homme", de se croire un être humain. Le paranoïaque révèle crûment, éventuellement par la meurtre ou le suicide, que la coïncidence de l'être et du moi est méconnaissance : comme Louis II de Bavière, qui se prenait pour un roi, il confond une identification avec son être. Pourtant, d'être, il n'en a pas, puisque d'emblée il est un autre.

Le parlêtre
    Si le sujet se pose la question de son être, ce "que suis-je là ? concernant son sexe et sa contingence dans l'être, à savoir qu'il est homme ou femme d'une part, d'autre part qu'il pourrait n'être pas" cette question, au coeur des symptômes, est posée au lieu de l'Autre, articulée en signifiants dans l'inconscient et adressée à l'Autre, c'est-à-dire à celui que le sujet va supposer occuper ce lieu et dont il va exiger réponse et reconnaissance. C'est donc parce qu'il parle que le sujet s'engage dans la quête et l'amour de l'être. Ainsi, Lacan forgera le néologisme de "parlêtre" pour désigner l'être humain.
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miroir (stade du)
    Concept élaboré par J. Lacan pour rendre compte du désir narcissique primaire, première ébauche du moi, et des identifications secondaires.

    Lacan parle pour la première fois du "stade du miroir" en 1936, dans son article : "la Famille" de l'Encyclopédie française.
    Le stade du miroir est l'avènement du narcissisme primaire, narcissisme dans le plein sens du mythe car il indique la mort, mort liée à l'insuffisance vitale de la période dont ce moment est issu. En effet, c'est une phase de la constitution de l'être humain qui se situe entre six et dix-huit mois, période caractérisée par l'immaturation du système nerveux. Cette prématuration spécifique de la naissance chez l'homme est attestée par les fanstasmes de corps morcelé que l'on retrouve dans les cure psychanalytiques. C'est la période que Melanie Klein a appelée : "schizoïde" et qui précède le stade du miroir.
    L'enfant, donc, au temps préseculaire, se vit comme morcelé ; il ne fait aucune différence entre, par exemple, son coprs et celu de sa mère, entre lui et le monde extérieur ; or l'enfant porté par sa mère va reconnaître son image. En effet, on peut le voir s'observer dans le miroir, se retournant pour regarder l'environnement reflété (c'est le premier temps de la négligence) : sa mimique et sa jubilation attestent d'une sorte de reconnaissance de sont image dans le miroir.
    Il faut comprendre le stade du miroir comme une identification, c'est-à-dire la transformation produite chez un sujet quand il assume une image.
    L'enfant peut assumer une certaine image de lui en parcourant des processus d'identification, mais il est impossible de réduire à un plan purement économique ou à un champ purement spéculaire ce qu'il en est de l'identification du miroir,c ar ce n'est jamais avec son propre oeil que l'enfant se voit mais toujours avec l'oeil de la personne qui l'aime ou le déteste. Nous abordons là le champ du narcissisme comme fondant l'image du corps de l'enfant à partir de ce qui est amour de la mère et ordre du regard porté sur lui. Pour que l'enfant puisse s'approprier cette image, pour qu'il puisse l'intérioriser, cela nécessite qu'il ait une place dans le grand Autre (là, en l'occurrence, incarné par la mère). Ce signe de reconnaissance de la mère, avec droit (ou défense d'ailleurs) de s'appeler Pedro, va fonctionner comme trait unaire à partir de quoi va se constituer l'idéal du moi.
    Le stade du miroir est un carrefour structural qui commande :
1. le formalisme du moi, c'est-à-dire l'identification de l'enfant à une image qui le forme mais qui l'aliène primordialement, le fait "autre" qu'il n'est dans un transitivisme identificatoire dirigé sur autrui ;
2. l'agressivité de l'être humain, qui doit gagner sa place sur l'autre et s'imposer à lui sous peine d'être lui-même anéanti ;
3. la mise en place des objets du désir, dont le choix se réfère toujours à l'objet du désir de l'autre.
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Mitscherlich (Alexander)
    Médecin et psychanalyste allemand (Munich 1908 - Francfort-sur-le-Main 1982). 

    Il est le fondateur de la première clinique allemande de médecine psychosomatique, à Heidelberg, en 1949, et de l'Institut S. Freud de Francfort (1960). Son intérêt se porte avant tout sur la corrélation qui lie le développement psychique et social ; c'est dans cette perspective qu'il a étudié le nazisme et l'urbanisme. Il a publié : "Vers la société sans pères". "Essai de psychologie sociale" (1963), "le Deuil impossible" (1967). 
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moi
    Selon S. Freud, siège de la conscience et aussi lieu de manifestations inconscientes ; le moi, élaboré par Freud lors de sa deuxième topique (le moi, le ça et le surmoi), est une différenciation du ça ; il est l'instance du registre imaginaire par excellence, donc des identifications et du narcissisme.

    Pour tenter d'expliquer les phénomènes psychiques, Freud élabore une première topique : l'inconscient, le préconscient, le conscient avec les deux principe qui régissent la vie psychique, le principe de plaisir et le principe de réalité, mais ce découpage va s'avérer inopérant pour expliquer le phénomène que Freud découvre à propos des névroses traumatiques : la compulsion de répétition, qu'il aborde dans : "Au-delà du principe de plaisir" 1920. C'est un texte charnière après lequel il élaborera sa deuxième topique : le ça, le moi et le surmoi, qu'il appellera aussi idéal du moi.
    Ce nouveau découpage ne recouvre pas le premier : le moi englobe le conscient et le préconscient, et Freud décrira le moi comme en partie inconscient. Freud est là bien loin de la théorie classique du moi des philosophes car, si l'homme a toujours désiré être sujet de la connaissance et lieur de la totalisation d'un savoir, la découverte freudienne va battre en brèche toutes certitudes, découvrant avec l'inconscient le paradoxe d'un sujet constitué de ce qu'il ne peut pas savoir et dans une littérale excentration par rapport à son moi.

Description de l'appareil psychique ou topologie Freudienne
    Freud écrit dans son article : "le Moi et le ça" 1923 : "Un individu donc est selon nous un ça psychique inconnu et inconscient, à la surface duquel est posé le moi qui s'est développé à partir du système préconscient comme de son noyau [...] ; le moi n'enveloppe pas complètement le ça mais seulement dans les limites où le préconscient constitue sa surface, donc à peu près comme le disque germinatif est posé sur l'oeuf. Le moi n'est pas nettement séparé du ça, il fusionne avec lui dans sa partie inférieure."
    Freud ajoute que le moi porte une "calotte acoustique", donc l'importance des mots réside non pas implement au niveau d'une signification, mais au niveau des "restes mnésiques du mot entendu". On trouve là, un germe, ce que la linguistique développera plus tard avec le rapport signifié-signifiant que Lacan appliquera à la psychanalyse.
    Freud insiste sur un autre aspect essentiel du moi : le moi est avant tout un moi-corps : "il peut être considéré comme une projection mentale de la surface du corps et représente la surface de l'appareil mental."

Les fonctions du moi
    Le moi est décrit pas Freud comme une instance mouvante en perpétuelle réélaboration, mais il le décrit aussi passit et agi par des forces impossibles à maîtriser, se faisant le dupe du ça.
    Les fonctions du moi sont multiples :
        - il est capable d'opérer un refoulement ;
        - il est le siège des résistances ;
        - il essaye de gérer le rapport "principe de plaisir" - "principe de réalité" ;
        - il participe à la censure, aidé en cela par le surmoi, qui n'est qu'une différencition du ça ;
        - il est capable de construire des moyens de protection ;
        - véritable lieu de passage de la libido, il paraît gérer les investissements d'objets jusqu'à l'idéalisation, les désinvestissements d'objets avec retour dans le moi de la libido, appelée alors "libido narcissique";
        - toute sublimation se produit par l'intermédaire du moi, qui transforme la libido d'objet sexuel en libido narcissique ;
        - il est le siège des identifications.

L'identification et le moi
    L'identification est un mécanisme qui tend à rendre le moi propre semblable à l'autre pris comme modèle. "Le moi copie", écrit Freud dans son article : "l'Identification". Lacan, avec le stade du miroir (Ecrits, 1966), montre que c'est par une identification que le petit enfant anticipe imaginairement la forme totale de son corps, mettant ainsi en place la première ébauche du moi, souche des identifications secondaires.
    Parallèlement à la reconnaissance de soi dans le miroir, on observe chez le tout-petit mis en présence d'un autre enfant, proche en âge, un comportement particulier : il observe curieusement, l'imite, tente de séduire ou l'agresse. C'est l'enfant qui voit tomber l'autre qui pleure, celui qui bat dit être battu, et plutôt qu'un mensonge d'enfant on reconnaît ici le moi, instance de l'imaginaire au sens de l'image, le moi de la relation duelle, de la confusion entre soi et l'autre ; car c'est dans l'autre que le sujet se vit tout d'abord et se repère.

Le moi et l'objet
    La mise en place de l'objet est dépendante du moi, il en est le corrélat. La libido narcissique qui séjourne dans le moi s'étend vers l'objet, de même que le moi peut se prendre lui-même comme objet. Le caractère du moi résulte de la sédimentation des investissements d'objets abandonnés qui s'inscrivent dans l'histoire de ses choix d'objet. Dans le cas de la mélancolie, il y a introjection de l'objet perdu. Les amers reproches que le mélancolique s'adresse concernent en réalité l'objet qui a pris la place d'une partie du moi.
    Le choix d'objet est toujours un choix d'objet narcissique, on aime celui qu'on voudrait être, mais Lacan, relisant Freud, amène un élément supplémentaire : sur le plan imaginaire, l'objet ne se présente jamais à l'homme que comme un mirage insaisissable. Toute relation objectale ne peut donc qu'être frappée d'une incertitude fondamentale.

Le moi et le rêve
    Une des émergences du moi dans le rêve est bien ce besoin manifeste de dormir, ou plutôt de ne pas se réveiller! Mais on pourrait dire que, dans la vie diurne aussi, il n'est pas question de se réveiller et qu'il s'agit bien de cela dans le "je ne veux rien savoir" que tout un chacun affiche, se contentant de croire que sa vérité est là, dans l'instance vigile qu'est le moi.
    D'ailleurs, dans le rêve, toute tentative d'expression du sujet de l'inconscient est savamment travestie. C'est peut-être à ce niveau que le jeu de cache-cache avec le moi est le plus fort.

Le moi et l'instinct de mort
    C'est avec la compulsion de répétition que Freud entrevoit qu'au-delà du "principe de plaisir" existe ce qu'il appelle "l'instinct de mort". Dans un premier temps, il fait une distinction tranchée entre pulsion du moi - pulsions de mort et pulsions sexuelles-pulsions de vie pour en arriver ensuite à l'opposition pulsions de vie-pulsions de mort. Le moi est lié à la béance primitive comme le montre le stade du miroir et en cela il est le plus proche de la mort comme d'ailleurs l'époque le mythe de Narcisse.
    Dans l'exemple de la névrose obsessionnelle, on peut repérer l'incidence mortelle du moi portée à son point extrême ; on peut dire avec Lacan que "le moi est un autre"; l'obsédé, lui, justement, est toujours un autre.
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moi idéal
    Formation psychique appartenant au registre de l'imaginaire, représentative de la première ébauche du moi investie libidinalement.

    Le terme, introduit par S. Freud en 1914 (Pour introduire le narcissisme), désigne le moi réel qui aurait été l'objet des premières satisfactions narcissiques. Ultérieurement, le sujet tend à retrouver ce moi idéal, caractéristique de l'état, dit "de toute-puissance", du narcissisme infantile, du temps où l'enfant "était à lui-même son propre idéal". Dans : "le moi et le ça" 1923, Freud approche moi idéal et idéal du moi, en leur attribuant les mêmes fonctions de censure et d'idéalisation. pour J. Lacan (le Stade du miroir comme formateur de la fonction du je, 1949), le moi idéal est élaboré à partir de l'image du corps propre dans le miroir. Cette image est le support de l'identification primaire de l'enfant à son semblable et constitue le point inaugural de l'aliénation du sujet dans la capture imaginaire et sera la souche des identifications secondaires où le "je" s'objective dans son rapport à la culture et au langage par la médiatisation de l'autre.
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mot d'esprit
    Jeu de l'esprit qui use le plus souvent des ressources propres du langage et dont Freud a démonté la technique afin de rendre compte de la satisfaction particulière qu'il apporte et plus généralement de son rôle dans la vie psychique.

    Dès qu'il commence son travail clinique, dans les premières cures des hystériques, Freud est confronté à la question du mot d'esprit. Si en effet une représentation inconsciente est refoulée, elle peut faire retour sous une forme méconnaissable afin de déjouer la censure. Or, curieusement, le "double sens" d'un mot, la polysémie langagière peut constituer la forme la plus appropriée de ces transformations : il en était ainsi par exemple pour cette jeune femme qui souffrait d'une douleur térébrante au front, douleur qui renvoyait inconsciemment à un lointain souvenir de sa grand-mère méfiante, qui la regardit avec un regard "perçnt". L'inconscient, ici, joue avec les mots, et l'interprétation fonctionne tout naturellement comme mot d'esprit.
    Aussi, lorsque Freud prend un peu de recul par rapport au travail strictement clinique, va-t-il être amené à consacrer à cette question un ouvrage entier, : "le Mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient" 1905. Ce livre constitue, avec : "l'Interprétation des rêves" 1900, et la "Psychopathologie de la vie quotidienne" 1901, l'une des trois grandes oeuvres consacrées aux mécanismes langagiers de l'inconscient.
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