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Rank (Otto Rosenfeld, dit Otto)
    Psychanalyste autrichien (Vienne 1884-New York 1939). 

    Un des primiers disciples de S. Freud, il fait porter ses travaux sur les mythes et les légendes. Puis, très lié avec S. Ferenczi, Rank contribut avec lui à élargir aux psychoses le champ de la psychanalyse. Sa publication, en 1924, du Traumatisme de la naissance marque le début de ses divergences avec l'orthodoxie freudienne ; il y récuse en effet la fonction centrale du complexe d'OEdipe au profit de l'angoisse de la naissance. Sur le plan de la technique analytique, Rank est partisan des cures courtes, où la remémoration cède la place à une opération de renaissance. 
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réactionnelle (formation)
    Comportement ou processus psychique de défense, ayant valeur de symptôme, mobilisé par le sujet en réaction contre certains contenus ou désirs inconscients.

    La formation réactionnelle exprime surtout d'une manière manifeste la composante défensive du conflit. Alors que, dans la formation de compromis, les deux forces qui se sont séparées se rencontrent de nouveau dans le symptôme, dans la formation réactionnelle, c'est le processus de défense qui prédomine dans son opposition systématique au surgissement de motions pulsionnelles refoulées. C'est en ce sens que la formation réactionnelle a pour origine essentiellement le surmoi.
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réalité (principe de)
    Principe régissant le fonctionnement psychique et corrigeant les conséquences du principe de plaisir en fonction des conditions imposées par le monde extérieur.

    Si, pour S. Freud, le principe de plaisir entraîne vers la recherche d'une satisfaction par les voies les plus courtes, fussent-elles hallucinatoires, le principe de réalité vient réguler cette recherche et l'engage dans des détours nécessités par les conditions effecives de l'existence du sujet. Ainsi, même si la définition des deux principes engage Freud dans une théorie qui semble à la limite de la spéculation philosophique, il ne se montre pas pour autant idéaliste : le principe de réalité peut être second par rapport au principe de plaisir, mais le réel, lui, est présent dès le début, ne serait-ce qu'à travers les perceptions premières.
    Un autre problème tient au fait que Freud fait du moi l'instance "réaliste", l'instance chargée d'assurer le contionnement du principe de réalité. Or, le moi, en tant qu'objet libidinal dans le narcissisme, a surtout une fonction de méconnaissance. Cette difficulté est sans doute levée au niveau de la théorie lacanienne de l'imaginaire.
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réel
    Ce que l'intervention du symbolique pour un sujet expulse de la réalité.

    Selon J. Lacan, le réel ne se définit que par rapport au symbolique et à l'imaginaire. Le symbolique l'a expulsé de la réalité. Il n'est pas cette réalité ordonnée par le symbolique, appelée par la philosophie "représentation du monde extérieur". Mais il revient dans la réalité à une place où le sujet ne le rencontre pas, sinon sous la forme d'une rencontre qui réveille le sujet de son état ordinaire. Défini comme l'impossible, il est ce qui ne peut être complètement symbolisé dans la parole ou l'écriture et, par conséquent, ne cesse pas de ne pas s'écrire.

Le réel dans sa dimension clinique

Analyse d'un rêve de Freud par Lacan
    Pour le sujet moderne, Lacan a donné au réel droit de cité. Le réel dont il parle a partie liée avec la structure qu'il forme avec l'imaginaire et le symbolique, et cela à partir de la seule lecture attentive de Freud lui-même. Qu'il soit impensable sans eux, c'est ce dont témoigne la première élaboration majeure de Lacan à son propos.
    Dans "l'interprétation des rêves" 1900, Freud analyse un rêve qu'il fait et où figure l'une de ses patientes, Irma. Lacan réinterprète  ce rêve, fréquemment appelé "rêve d'injection". Il en souligne l'image terrifiante vue par Freud au fond de la gorge de sa patiente : "grandes taches blanches", "extraodinaires formations contournées", "et sur elles de larges escarres blanc grisâtre". Cette forme complexe et insituable révèle un réel dernier, devant quoi tous les mots s'arrêtent : "l'objet d'angoisse par excellence", dit Lacan pour définir ce qui, dans le rêve de Freud comme dans la théorie qu'il nous livre, apparaît comme premier. Il précède en effet l'imaginaire, qui surgit dans le rêve sous la forme des personnages où se projette avec un certain désarroi le sujet Freud. Il semble appeler ce qui à la fin du rêve va donner structure à cet imaginaire chaotique auprès de ce réel innommable : le symbolique. Le rêve se conclut en effet par une formule chimique, que Freud voit devant ses yeux, imprimée en caractères gras. Elle manifeste la présence du symbolique, et Lacan dit qu'elle vient ici apaiser l'angoisse de Freud, née de la vue de ce réel. C'est sur la relation structurale qu'entretient le réel avec l'imaginaire et le symbolique qu'insiste déjà Lacan lors de l'élaboration du séminaire sur "le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse", 1954-1955, in Séminaire II (1978).

Le Réel dans l'hallucination
    Par ailleurs, c'est dans sa Réponse au commentaire du Jean Hypplite sur la Verneinung" de Freud (févr. 1954; in Ecrits, 1966) que Lacan précise par écrit la portée de cette relation structurale. "Ce qui n'est pas venu au jour de symbolique réapparaît dans le réel." En quel sens ? Pour que le réel ne se manifeste plus d'une manière intrusive dans l'existence du sujet, il est nécessaire qu'il soit tenu en lisière par le symbolique, comme dans le rêve. Pour cela est requise l'"affirmation inaugurale", celle où le jugement attributif du sujet de l'inconscient prend racine, l'affirmation du symbolique : sa reconnaissance par le sujet. Cette reconnaissance suppose la castration et l'assomption de la fonction paternelle. Que cela ne soit pas venu au symbolique et c'est toute l'économie subjective qui s'en trouve réellement modifiée, comme dans les psychoses. "La castration retranchée par le sujet des limites mêmes du possible, mais aussi bien par là soustraite aux possibilités de la parole, va apparaître dans le réel, erratiquement".
    C'est l'hallucination. Courante dans les psychoses fondées précisément sur la forclusion de la fonction symbolique du père, elle a surgi un jour pour ce patient en analyse avec Freud, l'Homme aux loups, quand à l'âge de cinq ans il croit voir que son doigt sectionné ne tient plus que par la peau (Extrait de l'histoire d'une névrose infantile, 1918). La castration, que le sujet récuse jusqu'à en ignorer l'incidence structurante sur la réalité, fait ici retour sur un mode erratique tel que le sujet revenu de cette hallucination ne puisse rien en dire. Le réel de l'hallucination vient faire irruption dans le champ de la réalité. Il n'est nullement pacifié et se présente sous la forme d'une image totalement étrangère au sujet. Elle manifeste la présence de cette chose  réelle dont le sujet ne s'est pas détaché pour avoir évité la sanction du symbolique. Car, avant l'avènement du sujet de l'inconscient et son passage symbolique à l'existence, le réel "était déjà là", dit Lacan.
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refoulement
    Processus de mise à l'écart des pulsions qui se voient refuser l'accès à la conscience.

    Il existe pour S. Freud deux moments logiques du refoulement : le refoulement originaire et le refoulement proprement dit. Le refoulement originaire est la mise à l'écart d'une signification qui, en vertu de la castration, se voit refuser la prise en charge par le conscient : la signification symbolique supportée par le phallus, objet imaginaire.
    Dans l'après-coup intervient le refoulement proprement dit, le refoulement des pulsions orale, anale, scopique, invocante, c'est-à-dire de toutes les pulsions liées à des orifices réels du corps. Le refoulement originaire les entraîne à sa suite en les sexualisant. Il exige leur mise à l'écart.

    Selon Freud, nous sommes donc en droit d'admettre un "refoulement originaire", une première phase du refoulement qui consiste en ceci que le "représentant de la pulsion", qui va faire qu'il y ait représentation, se voit refuser la prise en charge par le conscient. Avec lui est donnée une fixation ; le représentant concerné reste dès lors établi de manière invariable et la pulsion lui demeure fixée.
    Le second stade du refoulement, le refoulement proprement dit, concerne les rejetons psychiques du représentant refoulé ou bien des chaînes d'idées qui, venant d'ailleurs, se sont associées avec ledit représentant. "Non seulement ces représentations connaissent le même destin que le refoulé originaire mais "le refoulement proprement dit est un refoulement après coup."

    Si l'on admet avec Freud avec Freud "le primat du génital", c'est-à-dire le fait que "la fixation" de cet objet imaginaire, le phallus, va venir exiger le refoulement de toutes les autres pulsions, en même temps qu'il les sexualise, on peut admettre que le représentant originairement refoulé dont parle Freud soit précisément le phallus. C'est le seul objet pour lequel, malgré l'existence du pénis, il n'y ait pas de support réel. Il exige, dans un après-coup logique ; le refoulement proprement dit.

La fonction paternelle dans le refoulement
    Il revient certes au père par sa seule présence réelle de manifester au garçon en particulier qu'il doit renoncer à cet objet imaginaire qu'il croit détenir à travers le désir de sa mère. Mais c'est le sens véhiculé par la chaîne signifiante qui opère la castration véritable, alors que la fonction paternelle semble avoir au contraire  d'empêcher que le mécanisme implacable du refoulement n'entraîne l'inhibition définitive du sujet. La fonction paternelle autorise le sujet à être moins timoré dans son désir, bref moins frappé par une castration qui, sinon, l'annulerait comme sujet désirant.
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règle fondamentale
    Principe fondamental de la psychanalyse consistant à appliquer systématiquement la méthode de libre association pendant le cours des séances.

    Freud prescrivait à ses patients de dire tout ce qui leur passait par l'esprit, même si cela leur paraissait sans intérêt, illogique ou même absurde. Il arrive aujourd'hui que cette règle ne soit plus formulée explicitement dès le début de la cure. C'est pourtant elle qui structure la relation analytique.
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régression
    Processus de l'organisation libidinale du sujet qui, confronté à des frustrations intolérables, ferait retour, pour s'en protéger, à des stades archaïques de sa vie libidinale et s'y fixerait en vue d'y retrouver une satisfaction fantasmatique.
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Reich (Wilhelm)
    Médecin et psychanalyste autrichien (Dobrzcynica, Galicie autreichienne, 1897 -pénitencier de Lewisburg, Pennsylvanie, 1957). 

    Il joue, dès 1920, un rôle important au sein de la Société psychanalytique de Vienne, où il se distingue par son engagement dans le parti communiste autrichien. Il cherche à développer des expériences thérapeutiques dans la classe ouvrière et, parallèlement, à justifier la psychanalyse aux yeux des marxistes, au prix de modifications incompatibles avec l'orthodoxie freudienne. C'est ainsi qu'il attribue les névroses à des troubles de la génitalité sur lesquels l'orgasme a une vertu curative et préventive (la Fonction de l'orgasme, 1927). Reich rejette la pulsion de mort, qui, selon lui, signifie l'abandon du concept fondateur et central en psychanalyse : la sexualité. Il nie également l'universalité du complexe d'OEdipe parce qu'à ses yeux la répression sexuelle n'est pas indispensable au développement de la vie sociale, le refoulement et la sublimation ne servant qu'à maintenir le système capitaliste (Matérialisme dialectique et psychanalyse, 1929). "Dans la lutte sexuelle des jeunes" 1932, il attaque la morale conjugale et la famille, responsables de la misère sexuelle et de la société injuste et autoritaire. Premier psychanalyste à poser le problème du socia-économique dans la genèse des troubles psychiques, il est exclu (1934) de l'Association internationale de psychanalyse par E. Jones, qui le juge dangereusement bolchevik, et du parti communiste. le nazisme le contraint à émigrer d'abord en Europe, puis aux Etats-Unis. Il y commence, en 1939, ses recherches sur l'orgone, ou énergie vitale cosmique, dont la stagnation dans l'organisme serait responsable d'affections psychiques et somatiques comme le cancer. Accusé d'escroquerie pour avoir commercialisé des accumulateurs d'orgone, reich est incarcéré et la vente de ses livres est interdite. Il a également écrit "Psychologie de masse du fascisme 1933, la Révolution sexuelle 1945 et Etoute, petit homme 1948". 
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Reik (Theodor)
    Psychanalyste américain (Vienne 1888-Nem York 1969). 

    Après une analyse menée par K. Abraham, il exerça la psychanalyse d'abord à Vienne et à Berlin avant d'émigrer aux Etats-Unis 1938. Non-médecin, il s'intéressa surtout aux applications de la psychanalyse hors du champ thérapeutique. Il a écrit notamment "le Besoin d'avouer, Psychanalyse du crime et du châtiment (1959)" et des ouvrages autoanalytiques greffés sur un thème culturel "Variations psychanalytiques sur un thème de Gustav Mahler, 1953"; "Fragment d'une confession, 1956". 
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rejeton de l'inconscient
    Réapparition, sous forme de symptômes au d'une formation de l'inconscient, de ce qui a été refoulé.

    Pour S. Freud, ce qui a été refoulé tend toujours à faire retour, à faire irruption et est alors soumis à un nouveau refoulement (refoulement après-coup). Le terme de "rejeton", métaphore tirée de la botanique, souligne l'aspect dynamique de ce processus.
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relation d'objet
    Relation du sujet à son entourage, qui serait parallèle au développement pulsionnel et dont la prise en compte permettrait de dépasser une approche uniquement centrée sur l'individu.

    Freud, dans les premières éditions des "Trois Essais sur la théorie sexuelle" 1905, avait semblé faire de l'autoérotisme la forme quasiment exclusive prise par le développement libidinal dans l'enfance. Il l'avait ensuite rectifiée dans les éditions ultérieures : un enfant de trois à cinq ans est tout à fait capable de choix d'objet. Entendons que sa pulsion sexuelle peut se tourner vers une personne de l'entourage et s'y attacher de manière forte, même si, bien sûr, elle ne trouve pas les modes de réalisation de l'âge adulte.
    M. Balint va systématiser ce type d'observations (Amour primaire et technique psychanalytique). Il l'étend en particulier à un âge très précoce, où il va situer ce qu'il appelle, avec A. Balint, l'"amour d'objet primaire". Celui-ci, qui remonte aux toutes premières années de la vie, ne peut généralement pas être retrouvé par la mémoire. Mais il fait retour dans le transfert, à certains moments de la cure, sous la forme d'un violent désir d'être aimé. L'amour d'objet primaire, constituant la toute première relation d'objet, aurait en effet pour but d'"être aimé et satisfait sans rien avoir à donner en retour". En ce sens, il est passif, même si le sujet peut déployer une grande activité pour arriver à ses fins. Par ailleurs, parfaitement égoïste, il est en même temps réciproque puisque la mère elle-même, à cette étape précoce, "traite l'enfant comme sa chose, comme s'il n'avait ni vie ni intérêt personnels". Balint consacre par ailleurs d'autres travaux aux différentes formes de la relation d'objet et, notamment, à ce qu'il appelle "amour génital".

    Le terme "relation d'objet" continue aujourd'hui à être utilisé par les psychanalystes. En France, cependant, et partout où l'oeuvre de J. Lacan a eu quelque influence, il a dû être sérieusement remis en question. Il fait en effet glisser assez facilement dans une conception adaptative, qui cherche à distinguer, dans l'environnement du sujet, l'objet qui serait adéquat, le bon objet.
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répétition
    Dans les représentations du sujet, dans son discours, dans ses conduites, dans ses actes ou dans les situations qu'il vit, fait que quelque chose revienne sans cesse, le plus souvent à son insu et, en tout cas, sans projet délibéré de sa part.

    Ce retour du même et cette insistance prennent volontiers valeur compulsive et apparaissent généralement sous la forme d'un automatisme ; c'est d'ailleurs par les termes de "compulsion de répétition" ou d'"automatisme de répétition" que l'on traduit habituellement la formulation freudienne originale de Wiederholungszwang, contrainte de répétition.

    D'un point de vue épistémologique, la répétition est l'un des concepts majeurs de la dernière partie de l'oeuvre de Freud. Elle introduit la pulsion de mort, ouvre la voie de la deuxième topique et, accessoirement, signe un réajustement considérable de la clinique et de la technique analytiques.
    Chez J. Lacan, la répétition constitue, avec l'inconscient, le transfert et la pulsion, l'un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, notamment justement parce qu'elle est devenue une référence omniprésente de la clinique et qu'elle fait noeud des trois autres concepts : n'est-elle pas le point d'achoppement de l'inconscient, le pivot du transfert et le principe même de la pulsion ?

Les thèses freudiennes
     C'est en 1914, dans l'article "Remémoration, répétition, perlaboration", que Freud commença à conceptualiser la notion de répétition. Il découvre qu'il y a une limite à la remémrisation. D'où un obstacle : comment avoir accès à ce qu'il y a au-delà? Autre difficulté, presque parallèle : il s'avère de plus en plus que les patients mettent en scène et mettent en acte, en dehors du cadre de la cure, dans leur vie, toutes sortes de choses qui pourtant s'y rapportent. Ce sera en fait la solution : ce qui ne peut se remérorer, découvre Freud, fait retour autrement : par la répétition, par ce qui se répète dans la vie du sujet et à son propre insu.
    La répétition donne également accès à la compréhension des conduites d'échec, de ces scénarios répétitifs où les sujets se voient parfois pris et qui leur donnent le sentiment d'être les jouets d'une destinée perverse. Freud étudia le processus surtout dans le cadre des névroses obesessionnelles et dans le deuxième chapitre d'un petit article : "Ceux qui échouent devant le succès" in Quelques types de caractères dégagés par la psychanalyse (1916). A partir de l'analyse d'une pièce d'Ibsen, Rosmersholm, il put avancer que l'échec a souvent pour le sujet fonction de "prix à payer", de tribut exigé par une culpabilité sous-jacente.

    Dans "Au-delà du principe de plaisir", paru en 1920, il commence par y décrire certains exemples de répétition -- dans la littérature, dans les actes des sujets, dans les rêves, dans le cadre des névroses de guerre ou des névroses traumatiques ; puis il s'attarde sur un exemple, celui de son petit-fils, alors âgé de 18 mois, s'amusant à lancer sous un meuble, c'est-à-dire hors de sa vue, une bobine attachée à un fil puis à la ramener à lui en accompagnant ces gestes d'un "oooh" pour la disparition de la bobine, d'un "haaa" pour son retour. Avec l'aide de la mère de l'enfant, il put établir que ces phénomènes - oooh pour fort ("parti"), haaa pour da ("voilà") - étaient ceux que le bébé émettait aussi à l'occasion de chaque départ et de chaque retour de sa mère. La question qui se posait dès lors était celle-ci : pourquoi donc l'enfant mettait-il en scène de façon répétitive une situation qui à l'évidence lui déplaisait fort ? Et c'était la même interrogation qu'imposaient le retour incessant des images du trauma chez l'accidenté ou l'insistance de certains cauchemars, ou encore l'inquiétante-parce-que-familière-étrangeté des situations répétitives de la vie quotidienne.
    La question était d'autant plus délicate que ces manifestations avaient ceci de particulier de contredire radicalement le principe essentiel de la vie psychique que Freud avait établi depuis longtemps : que le fonctionnement du sujet, même si c'était souvent de manière apparemment paradoxale, ou de façon inconsciente, visait toujours à l'obtention de la satisfaction.
    Aussi Freud fit-il l'hypothèse suivante. Lorsque chez un sujet un événement survient auquel il ne peut faire face - c'est-à dire qu'il ne peut ni l'intégrer dans le cours de ses représentations, ni l'abstraire du champ de sa conscience en le refoulant -, alors cet événement a proprement valeur de traumatisme. Et ce trauma, bien sûr, pour laisser en paix le sujet, exige d'être réduit - d'être symbolisé. Son retour incessant - sous forme d'images, de rêves, de mises en acte - a précisément cette fonction : tenter de la maîtriser en l'intégrant à l'organisation symbolique du sujet. la fonction de la répétition est donc de réduire le trauma. En fait, généralement, la répétition est vaine, sa tâche est sans cesse reconduite, sans cesse à refaire, ainsi finit-elle par se perpétuer à l'infini.
    Pour Freud, la répétition est donc la conséquence du trauma, une vaine tentative pour l'annuler, une façon aussi de faire avec, qui amène le sujet dans un autre registre que celui du plaisir puisque ce qu'il répète ne répond en rien à un quelconque désir.
    Finalement, dit-il, le premier des traumas, c'est celui de la naissance, c'est celui qui est inhérent au fait même de vivre. Et vivre, c'est emprunter toutes sortes de détours pour revenir au point d'origine, à l'état inanimé - à la mort. Dans cette perspective, la répétition est bien la marque du trauma originel et structural et de l'impuissance du sujet à l'effacer. Aussi bien dire qu'elle constitue la signature de la pulsion de mort, qui se dévoile comme retour à l'origine, et qu'elle en est aussi l'annonce : le retour du même, c'est le contraire d'une avancée, le contraire d'une démarche vitale, c'est le retour à la mort.
    Cette idée de l'au-delà du principe de plaisir, de la répétition comme sceau de la pulsion de mort prit valeur de repère central de la théorie analytique ; elle en devint finalement le corps.

Les thèses lacaniennes
    Lacan a le même point de vue. Une bonne partie du retour à Freud, qu'il a suscité, cherche d'ailleurs à rétablir cette perspective qu'une seule génération d'analystes avait réussi à estomper. Mais il n'en reste pas là et développe le concept de répétition selon deux axes différents.
    >Le premier est celui du symbolique. La répétition, expose-t-il, est en somme au principe de l'ordre symbolique en général et de la chaîne signifiante en particulier. Le Séminaire sur "la lettre volée", prononcé en 1954-55 (Ecrits, 1966), détaille cette proposition. Le fonctionnement de la chaîne des signifiants, dans laquelle le sujet a à se reconnaître comme tel et doit frayer la voie de sa parloe, repose sur l'opération de la répétition ; et si les signifiants font sans cesse retour, ce qui est somme toute un fait de structure langagière, c'est bien parce qu'ils dépendent d'un signifiant premier, qui a disparu originellement et auquel cette disparition donne en quelque sorte valeur de traum inaugural.
    >Le second axe est celui du réel. (imaginaire, réel, symoblique.) Dès 1964, dans : "le Séminaire XI", "les Quatre Concepts aristotéliciens, la tuchê et l'automaton. L'automaton désigne pour lui l'insistance des signes, ce principe de la chaîne symbolique : quant à la tuchê, dit-il, c'est ce qui est à l'origine de la répétition - le trauma, en somme -, c'est la rencontre, qui n'a pour une fois pas pu être évitée, de quelque chose d'insupportable au sujet. Et cet insupportable que Freud tentait de prendre en compte sous les auspices de la pulsion de mort, Lacan va alors le conceptualiser sous le terme de réel.
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représentation
    Forme élémentaire de ce qui s'inscrit dans les différents systèmes de l'appareil psychique et, notamment, de ce sur quoi porte le refoulement.

    Dès ses premières oeuvres, Freud oppose représentation et affect. Lorsqu'un événement (>traumatisme), voire une simple perception, s'est révélé inassimilable, l'affect qui lui était lié est déplacé ou converti en énergie somatique, formant ainsi le symptôme. C'est la représentation qui est à proprement parler refoulée. Elle s'inscrit dans l'inconscient sous forme de trace mnésique. On peut d'une certaine façon confondre les deux termes, même si la représentation constitue plus justement un investissement de la trace mnésique.
    Freud distingue par ailleurs "représentation de mot" et "représentation de chose". Le fait que ce soient les représentations de choses qui caractérisent l'inconscient, alors que le verbal semble dépendre de la "prise de conscience", pourrait donner l'impression que pour lui l'inconscient a pour contenu des "représentations" essentiellement visuelles, des images.
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répression
    Toute poussée hors de la conscience d'un contenu représenté comme déplaisant ou inacceptable ; action de l'appareil psychique sur l'affect.

    L'affect ne peut en effet être refoulé, à la différence du représentant-représentation ; il ne peut être que déplacé vers une autre représentation ou supprimé.
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résistance
    Tout ce qui fait obstacle au travail de la cure, tout ce qui entrave l'accès du sujet à sa détermination inconsciente.

    Dans "les Etudes sur l'hystérie" 1895, Freud relie l'origine de la résistance à l'approche de l'inconscient lui-même : les souvenirs que la cure révèle sont groupés concentriquement autour d'un noyau central pathologène. Plus on s'approche de ce noyau, plus la résistance est grande : c'est comme si une force de répulsion intervenait pour contrarier la remémoration et l'interprétation.
    Si les premiers textes de Freud, cependant, situent dans l'inconscient l'origine de la résistance, il n'en est pas de même par la suite, notamment avec l'introduction de la deuxième topique. La résistance est présentée comme un mécanisme de défense parmi d'autres, référable au moi. L'inconscient, dans cette perspective, n'oppose pas de résistance aux efforts de la cure. Ce qui fait obstacle, ce sont les mêmes écouches et systèmes supérieurs de la vie psychique qui avaient produit le refoulement en son temps". Anna Freud systématisera cette conception dans son ouvrage sur "le Moi et les mécanisme de défense" 1937.
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retour du refoulé
    Processus par lequel les éléments inconscients refoulés tendent à réapparaître.
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rêve
    Formation de l'inconscient ; rébus dont la structure de langage permet le déchiffrage et la reconnaissance, par un sujet, de son désir.

    C'est en travaillant avec ses malades que S. Freud découvre le rêve comme phénomène pathologique normal.

    Deux questions mènent la recherche de Freud : quels sont les processus qui permettent à des pensées de se transformer en une suite claire mais parfois inintelligible au réveil, et pourquoi une telle transformation ? Qu'est-ce qui fait le rêve et comme l'interpréter ?
    La fausse simplicité des rêves d'enfant apporte un premier élément de réponse : soumis aux action du jour précédent, ce sont des réalisations naïves d'un accomplissement du désir : "Anna Freud, fraises, grosses fraises, flan, bouillie" rêve sa fille mise au régime ; mais elle commence par se nommer ; ce rêve ne dit pas seulement la satisfaction hallucinatoire d'un besoin : le désir infantile, qui commence par se structurer sur le désir du désir de l'autre, ne permet pas ici de distinguer un sujet qui serait celui de l'énonciation, inconscient, d'un sujet de l'énoncé, celui de la vie diurne et consciente.
    Où est l'accomplissement du désir dans les rêves pénibles ? Pourquoi, dans certains rêves, le désir n'est-il pas clairement exprimé ? Freud travaille en opposant contenu latent et contenu manifeste.
    Avec le rêve de la belle bouchère (l'Interprétation des rêves), une autre conclusion s'impose à lui : le rêve est déformé, sa déformation permet de dissimuler des sentiments, et l'esxpression de désir est censurée. "Le rêve est l'accomplissement (déguisé) d'un désir (réprimé, refoulé)." Stratégie dialectique du désir et de la demande, demande d'amour chez l'hystérique : en s'identifiant à l'amie dont elle est jalouse, à partir du désir de l'autre, elle se crée un désir insatisfait : la satisfaction est empêchée mais le désir est conservé.

Quels sont les mécanismes au travail dans le rêve ?
    1. condensation
    2. déplacement
    3. prise de considération de la figurabilité
    4. élaboration secondaire

    Il donne une place importante au deux premiers. Le travail de condensation (du contenu latent en contenu manifeste) est énorme : un rêve peut s'écrire en trois lignes et les pensées peuvent couvrir plusieurs pages.

    1. Le travail du rêve a toujours pour but de former une image unique, et, donc, une représentation peut condenser de différentes manières : par omission (rêve de monographie botanique), par fusion (rêve d'Irma), par néologisme, où "ce processus est particulièrement sensible quand il atteint des mots et des noms".

    2. L'autre procédé essentiel du travail du rêve est le déplacement, qui renverse les valeurs, travestit le sens, rend obscur au niveau manifeste ce qui était signifiant au niveau latent, centre le rêve autrement.

    3. Le troisième facteur est traduit par Lacan "égard aux moyens de la mise en scène". Les pensées du rêve n'apparaissent aus comme contenu et non dans leurs relations mutuelles. Par des modifications de la figuration, le rêve exprime les moyens dont le travail du rêve dispose pour indiquer les relations entre les pensées : la simultanéité, les relations causales, l'alternative, l'opposition, la contradiction.

    4. L'élaboration secondaire enfin masque la rigueur de ces connecteurs ; la fonction qui censure produit une façade cohérente ; son influence se manifeste par une préférence : le fantasme, traité comme n'importe quel élément du matériel latent, forme un tout dans le rêve.
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Roheim (Géza)
    Psychanalyste hongrois (Budapest 1891 -New York 1953). 

    Ayant reçu de S. Ferenczi sa formation d'analyste 1915 et titulaire de la chaire d'anthropologie à Budapest pendant le gouvernement de Béla Kun 1919, il s'est dépeint lui-même comme le premier anthropologue psychanalyste. Parti des thèmes exposés par S. Freud dans "Totem et Tabou" 1912, il les a élargis en reconnaissant l'importance des fantasmes préoedipiens tels que M. Klein les a décrits. Après l'étude sur le terrain, à l'aide d'une méthode psychanalytique, d'un groupe ethnique néoguinéen 1930-31 ayant une structure sociale analogue à celle des Trobriandais analysés par B. Malinowski, il affirme, contrairement aux thèses de ce dernier, l'existence d'une strucure oedipienne universelle. Réfugié aux Etats-Unis en 1938, il pratique et enseigne la psychanalyse à New York et publie "Origine et fonction de la culture" 1943, "Héros phalliques et symboles maternels dans la mythologie australienne" 1945, "Psychanalyse et anthropologie" 1950, "les Portes du rêve" 1953, et "Magie et schizophrénie" 1955. 
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roman familial
    Fantasme particulier dans lequel le sujet imagine être né de parent de rang social élevé, tandis qu'il dédaigne les siens, pensant être un enfant adopté par eux.

    Dans d'autres variants de ce fantasme, le sujet peut imupter à sa mère les liaisons amoureuses cachées ou se considérer comme le seul enfant légitime de sa mère. Ces élaborations surviennent lorsque l'enfant est confronté au détachement nécessaire qu'il doit accomplir à l'endroit de ses parents.
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