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ANALYSE D’UNE PHOBIE
CHEZ UN PETIT GARCON DE 5 ANS
(Le petit Hans)

I

Introduction

J’ai, à la vérité, donné les grandes lignes du ttt et je suis même, une seule fois, intervenu personnellement.
Il n’avait pas encore 3 ans et manifestait un intérêt particulier pour le « fait-pipi »
- Maman, as-tu aussi un fait-pipi ?

- je pensais que puisque tu étais si grande, tu devais avoir un fait-pipi comme un cheval.
Cette attente du petit Hans acquerra plus tard de l’importance.
Mais le grand événement de la vie de Hans est la naissance de sa petite sœur Anna alors qu’il a 3 ans ½. On lui avait bien souvent entendu dire les jours précédents que la cigogne allait apporter une petite fille ou un petit garçon, et il relie très justement les gémissements inaccoutumés à la venue de la cigogne.
Hans est très jaloux de la venue de sa sœur, mais au bout de 6 mois la jalousie est surmontée, et il devient un frère aussi tendre que convaincu de sa supériorité sur sa sœur.

Aujourd’hui, comme je dormais, j’ai cru que j’étais à Gmunden avec Mariedl.
La petite Mariedl est la fille, âgée de 13 ans, du propriétaire, avec laquelle il a souvent joué. Hans avait passé l’été 1906 à Gmunden où il courait toute la journée avec les enfants de notre propriétaire.
Il s’imagine jouant avec les enfants, Berta, Olga et Fritzl. Maintenant qu’il a une sœur et où le problème de l’origine des enfants évidemment l’absorbe, il n’appelle plus Berta et Olga que « ses enfants » et ajoute même un fois : « Mes enfants aussi, Berta et Olga, ont été apportés « par la cigogne ». Il faut évidemment comprendre ce rêve, survenu après 6 mois d’absence de Gmunden, comme étant l’expression de la nostalgie de retourner à Gmunden.
Hans manifeste aussi une très remarquable inconstance et une prédisposition à la polygamie : un cousin âgé de 5 ans est en visite chez Hans lorsqu’il a 4 ans. Hans l’embrasse sans cesse et dit une fois : « Comme je t’aime ! »
Nous nous installons dans un nouvel appartement… Hans y a découvert une petite fille (7ans) qu'il admire assis pendant des heures. La violence avec laquelle cet « amour à distance » apparut s’explique par le fait que Hans n’a aucun camarde de jeu.
Il trouve bientôt des camarade lorsqu’il a 4ans ½, lorsque ses parents s’installent pour l’été à Gmunden. Ces camarade de jeu sont les enfant du propriétaire : Franzl (12ans), Fritzl (8ans), Olga (7ans), Berta (5ans). Les enfants des voisins : Anna (10ans), et deux autres petites filles. Son préféré est Fritzl que souvent il embrasse. Il aime aussi Mariedl, une autre fille de notre propriétaire, âgée de 14 ans… Derrière ce souhait : « Je veux que Mariedl couche avec moi » en existe certainement un autre : « Je veux que Mariedl fasse partie de la famille ». Mais les parents prenaient l’enfant dans leur lit, et il est certain qu’à cette occasion, en étant couhé contre eux, des sensations érotiques s’éveillaient en lui ; ce qui fait que le désir de coucher avec Mariedl a aussi son sens érotique.

Rêve : « Tu sais, cette nuit j’ai pense : Quelqu’un dit : Qui veut venir avec moi ? Alors quelqu’un dit : Moi, Alors il doit lui faire faire pipi. » Traduction de Freud : « Je demande : qui veut venir à moi ? Elle (Berta ou Olga) répond : « Moi. » Alors elle doit me faire faire pipi.
Deux jours auparavant, il avait demandé à sa mère pourquoi elle n’y mettait pas le doigt. Hier, comme j’allais l’aider à faire un petit besoin, il me demanda pour la première fois de le mener derrière la maison, afin que personne ne pût le voir. > le fait que le désir d’être regardé par Berta et Olga pendant qu’il fait pipi soit maintenant refoulé dans la vie réelle fournit l’explication de son apparition dans le rêve, où ce désir a emprunté le joli déguisement du jeu des gages.

II

HISTOIRE DE LA MALADIE ET ANALYSE

Le petit Hans a peur d’être mordu dans la rue par un cheval.
Hans (4ans et 9mois) se lève un matin en larmes et répond à sa mère : « J’ai cru que tu étais partie et que je n’avais plus de maman pour faire câlin avec moi ». > rêve d’angoisse.

En revenant de Schönbrunn il dit à sa mère : « J’avais peur qu’un cheval ne me morde ».
Le jour suivant on l’avertit de ne pas toucher son fait-pipi. Au réveil, on(sa mère) lui demande ce qu’il en fut, il répond l’avoir touché cependant un petit peu. »
Voilà donc lde début de l’angoisse comme de la phobie.

Le père accuse la mère d’avoir amené l’éclosion de la névrose par sa tendresse excessive. Nous pourrions aussi bien lui reprocher d’avoir précipité le processus de refoulement en repoussant trop énergiquement les avances de l’enfant. 

Je m’entendis avec le père de Hans afin qu’il dit à celui-ci que toute cette histoire de chevaux était une bêtise et rien de plus. La vérité, c’était que Hans aimait énormément sa mère et voulait être pris par elle dans son lit. Comme la conduite passée de l’enfant nous permettait de le supposer, sa libido était restée accrochée au désir de voir le fait-pipi de sa mère : aussi proposai-je au père de supprimer ce but à son désir en lui faisant savoir que sa mère et toutes les autres créatures féminines ne possédaient pas du tout de « fait-pipi ».

A Gmunden il y a un cheval blanc qui mord. « Quand on lui tend les doigts, il mord » Hans poursuit : Le père de Lizzi (une fille qui habite une maison voisine) lui à dit : [Ne touche pas avec tes doigts le cheval blanc, sans quoi il te mordra]
Hans – La bêtise est si forte parce que je continue à mettre ma main à mon fait-pipi toutes les nuits. … mais je ne mets plus la main à mon fait-pipi.

Elle était en chemise, mais la chemise était si courte que j’ai vu son fait-pipi dit Hans. Ce fantasme nous fait voir que les reproches de sa mère ont, en leur temps, exercé une puissante influence sur Hans, et que les explications à lui fournies, relatives à l’absence de fait-pipi chez les femmes, n’ont au premier abord pas été admises par lui.

La consolation de Hans à lui-même : « Mon fait-pipi grandira avec moi, que je grandirai », nous permet de conclure que, au cours de ses observations, Hans n’a cessé de faire des comparaisons et est demeuré très peu satisfait. Les grands animaux lui rappellent ce désavantage, et c’est pourquoi il lui sont désagréables. Si cette pensée « car il est enraciné » est une consolation et un défi, elle rappelle la vieille menace fait par sa mère lorsqu’elle lui avait dit qu’elle lui ferait couper son fait-pipi s’il continuait à jouer avec. Il serait tout à fait classique que la menace de castration fît son effet maintenant « après-coup ».

Hans – Il y avait dans la chambre une grande girafe et une girafe chiffonnée, et la grande a crié que je lui avais enlevé la chiffonnée. Alors elle a cessé de crier, et alors je me suis assis sur la girafe chiffonnée.
La grande Girafe, c’est moi dit le père de Hans. Ou plutôt le grand pénis (le long cou) ; la girafe chiffonnée, c’est ma femme, ou plutôt son organe génital. Le rêve est en rapport avec une histoire récente… Je commence tjs par lui dire qu’elle ne devrait pas le prendre ainsi dans son lit. (La grande à crié), et elle répond parfois, que c’est une absurdité (alors la grande girafe a cessé de crier) S’asseoir dessus est sans doute pour Hans la représentation de la prise de possession.

Nous dûmes convenir que les rapports étaient fort peu nombreux entre les chevaux dont il avait peur et les aspirations de tendresse envers sa mère.

La consultation > Freud : Je lui révélai alors qu’il avait peur de son père justement parce qu’il aimait tellement sa mère. Il devait en effet, penser que son père lui en voulait de cela, mais ce n’était pas vrai, son père l’aimait tout de même, il pouvait sans aucune crainte tout lui avouer. Bien avant qu’il ne vînt au monde, j’avais déjà su qu’un petit Hans naîtrait un jour qui aimerait tellement sa mère qu’il serait par suite forcé d’avoir peur de son père, et je l’avais annoncé à son père.
L’état du petit Hans s’améliore suite à cet entretien mais la phobie demeure (affaiblie mais présente)
Hans – pourquoi m’as-tu dit que j’aime maman et que c’est pour ça que j’ai peur, quand c’est toi que j’aime ? > Le petit Hans donne à entendre qu’en lui l’amour pour son père est en conflit avec l’hostilité contre ce dernier à cause de son rôle de rival auprès de la mère, et il reproche à son père de ne pas avoir jusque-là attiré son attention sur ce jeu de forces qui devait se résoudre en angoisse.
Hans n’a peur que devant certaines voitures : « Tous les chevaux blancs ne mordent pas ». Ce qui équivaut à dire que déjà certains chevaux blancs ont été reconnus, grâce à l’analyse, comme étant « papa » et ne mordent plus, mais qu’il en reste encore d’autres qui mordent. »
Hans – « J’ai peur quand les voitures tournent ». « Je crois, quand les chevaux de déménagement tirent une lourde voiture, qu’il vont tomber (un jour le cheval d’un omnibus est tombé). « C’est là que j’ai attrapé la bêtise. Quand le cheval de l’omnibus est tombé, j’ai eu tellement peur ! » (Il a eu peur car le cheval a fait un charivari avec ses pieds. Le cheval était noir et gros).
Le père – Quand le cheval est tombé, as-tu pensé à ton papa ?
Hans – Peut- être. Oui. C’est possible.

Nous avons appris à connaître à quelle occasion actuelle fut liée l’éclosion de la phobie. Ce fut lorsque le petit garçon vit tomber un grand cheval lourd, et l’une des interprétations, du moins de cette forte impression, semble avoir été celle que souligne le père : Hans a alors éprouvé le désir que son père tombât ainsi – fût mort.

Je demande de quoi à l’air le « noir sur la bouche de chevaux. Hans dit : « c’est comme une muselière ». L’état de Hans continue de s’améliorer.

La mère de Hans – « Oui, souvent, il m’embête jusqu’à ce que je le lui aie permis (la suivre aux wc).
- cela t’a dégoûté de voir la culotte de maman
- Seulement quand j’ai vu la noire, lorsqu’elle l’a achetée, alors j’ai craché. Je crache parce que la culotte noire est noire comme du « loumf » et la jaune comme du pipi.
- As-tu été souvent avec maman au wc ?
- Très souvent
- Ça t’a dégoûté ?
- Oui… Non !
Freud intercale une qq mots : Le père de Hans pose trop de questions. Il ne laisse pas suffisamment le discourt de l’enfant s’organiser spontanément. Il rappelle la règle de l’attention flottant qui est primordiale.

- Quand tu étais là pendant que maman donnait son bain à Anna, tu as peut-être souhaité qu’elle lâchât les mains, afin qu’Anna tombât dans l’eau ?
- Oui !
Hans imagine que sa sœur Anna tombe du balcon. Sa mère lui demande s’il préférerait qu’Anna ne fût pas là : il répond affirmativement. L’aversion qu’il avait eu pour la nouveau-née n’était donc qu’en partie surcompensée par une tendresse exagérée. > « La cigogne ne devrait plus apporter d’enfants, nous devrions lui donner de l’argent afin qu’elle n’en sorte plus de la [GRANDE CAISSE] où sont les enfants pour les apporter ». (Une voiture de déménagement ne ressemble-t-elle pas à une grande caisse ?)
- Chaque fois où nous avons été à Gmunden, elle (Anna) est venue avec nous dans la caisse (caisse que sa mère avait au grenier).

- Quand on lui fait panpan sur son tutu nu, alors elle crie.
- Cela te déplaît ?
- Non… Pourquoi ? Parce qu’elle fait un tel charivari avec ses cris.
- C’est pourquoi tu as pensé que lorsque maman lui donne son bain, si elle la lâchait, alors Anna tomberait dans l’eau…
- (complétant la phrase)… et mourrait.

J’avais prédit au père que la phobie de son fils se laisserait ramener à des pensées et des désirs relatifs à la naissance de sa petite sœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


- si, alors elle était au monde. Même quand elle voyageait encore dans la caisse, elle pouvait déjà courir, elle pouvait dire : Anna. (Elle ne peut le dire que depuis quatre mois.)

Dans la rue, Hans m’explique que les omnibus, les voitures de déménagement, les voitures à charbon, sont toutes des voitures à la cigogne. C’est-à-dire des femmes enceintes.
Je lui demande ce qu’il a :
- Les chevaux sont si fiers, que j’ai peur qu’ils ne tombent » (leur allure était vraiment fière).
- Qui est au fond si fier ?
- Toi, quand je viens dans le lit de maman.
- Tu voudrais donc que je tombe par terre ?
- Oui. Tu devrais être nu (il veut dire : nu-pieds, comme alors Fritz) et te cogner à une pierre, et alors du sang coulerait et je pourrais au moins être un peu seul avec maman.

- Peux-tu te rappeler qui s’est cogné à la pierre ?
- Oui, Fritz
- Et quand Frizt est tombé, à quoi as-tu pensé ?
- Que ce devrait être toi qui te sois cogné à la pierre.
Le désir de Hans de « taquiner » le cheval a deux constituantes, une convoitise obscure, sadique de sa mère, et une claire impulsion de revanche contre son père. Cette impulsion ne pouvait être reproduite avant que cette convoitise n’eût été mise à jour en connexion avec le complexe de grossesse.
Hans veut une petite fille et le père lui dit qu’il ne peut pas mettre au monde un enfant parce qu’il est un garçon :
- Anna est-elle à moi ou à maman ?
- A maman
- Non, à moi. Pourquoi donc pas à moi et à maman ?
- Anna appartient à moi, à maman et à toi.
Tant que l’enfant n’a pas découvert l’existence des organes génitaux de la femme, un élément essentiel manque à sa compréhension des relations sexuelles. (les parents lui expliquent par la suite comment les enfants naissent).

- Quand Fritz est tombé tu as pensé : si papa pouvait tomber ainsi !
- …Tu as alors pensé : si papa mourait, je serais papa.
- Oui.
- …Je n’ai pas peur des voitures de place ni des voitures à un cheval. J’ai peur des omnibus, des voitures de bagages, mais rien que lorsqu’elles sont chargées ; pas quand elles sont vides…
- … Tu voudrais être papa et être marié avec maman, tu voudrais être aussi grand que moi, et tu voudrais que maman eût un bébé.
- … Quand tu es assis sur le pot et qu’un loumf vient, as-tu déjà pensé que tu étais en train d’avoir un enfant ?
- oui.
- Tu sais quand le chevaux d’omnibus sont tombés ? La voiture a l’air d’une caisse à la cigogne, et quand le cheval noir est tombé, on aurait dit…
- complétant… que c’est comme quand on est en train d’avoir un bébé.
- Et qu’as tu pensé, quand il a fait du charivari avec ses pieds ?

Hans joue aujourd’hui toute la journée à ce jeu : charger et décharger des voitures de bagages : il dit qu’il voudrait avoir une charrette avec des caisses comme jouet. C’est quand une voiture était finie de charger et était sur le point de partir qu’il avait le plus peur. « Le chevaux vont tomber », disait-il. 
L’angoisse a presque entièrement disparue… Comme nous le savons, sa maladie a débuté ainsi : il revint sur ses pas en pleurant au cours d’une promenade et, comme on le forçait une seconde fois à aller se promener, il n’alla que jusqu’à la gare de la Douane Centrale du Stadtahn, d’où l’on peut encore voir notre maison. Lors de l’accouchement de ma femme, il fut bien entendu séparé d’elle et l’angoisse actuelle qui l’empêche de quitter le voisinage de la maison demeure encore la nostalgie qu’il éprouva alors de sa mère.

- Et qui est la maman de tes enfants ?
- Eh bien maman, et tu es le grand-père.
- Ainsi tu voudrais être aussi grand que moi, être marié avec maman et elle devrait alors des enfants.
- Oui, c’est ce que je voudrais et alors celle de Lainz (la mère du père de Hans) sera leur grand-mère.

Tout finit bien. Le petit Œdipe a trouvé une solution plus heureuse que celle prescrite par le destin. Au lieu de tuer son père, il lui accorde le même bonheur qu’il réclame pour lui-même ; il le promeut grand-père et le marie aussi avec sa propre mère.

III

Commentaire

La naissance d’une petite sœur, quand Hans avait 3 ans ½, a eu la plus grande importance pour son développement psychosexuel.
…Dans la névrose, l’hostilité déjà réprimée est représentée par une peur spéciale : celle de la baignoire ; dans l’analyse, Hans exprime sans ambages le désir de mort dirigé contre sa sœur, et ne se contente pas d’allusions que son père doive compléter.
… Entre-temps, nous apprenons, grâce à quelques indices, à reconnaître sur quoi la libido, muée en angoisse, s’est fixée. Hans manifeste la peur tout à fait particulière d’être mordu par un cheval blanc.
… Dans l’hystérie d’angoisse, la libido, détachée du matériel pathogène par le refoulement n’est en effet pas « convertie », c’est-à-dire pas détournée du psychique vers une innervation corporelle, mais elle est libérée sous forme d’angoisse. Il est des cas de conversion pure sans aucune trace d’angoisse comme il est de purs cas d’hystérie d’angoisse, s’extériorisant en sentiments d’anxiété et en phobies, sans addition d’aucune conversion : notre petit Hans est un cas de ce genre.
Les hystéries d’angoisse sont les plus fréquentes de toutes les affections psychonévrotiques. Mais elle sont surtout celle qui apparaissent le plus tôt dans la vie : elles sont par excellence les névroses de l’enfance.

*
*    *

Le fait demeure de la transmutation de l’excitation sexuelle en angoisse.
Les parents de Hans lui disent que l’angoisse est la conséquence de la masturbation et l’engagent à rompre avec cette habitude. Peu après, Hans rapporte sa peur qu’un cheval ne le morde au souvenir d’une impression reçue à Gmunden. Un père y avait, en partant, dit à son enfant : « Ne donne pas ton doigt au cheval sans ça il te mordra » ; les termes mêmes que Hans emploie pour rendre l’avertissement de ce père rappellent ceux dans lesquels lui fut faite l’interdiction de l’onanisme (donner, mettre le doigt). Les parents semblent ainsi d’abord avoir raison quand ils disent que ce dont il a peur est sa propre satisfaction masturbatoire. La relation est cependant encore vague et le cheval semble avoir assumé son rôle d’épouvantail tout à fait par hasard.
… Fantasme d’après lequel il aurait vu sa mère en train de montrer son « fait-pipi » qui révèle que Hans était, après coup(15mois après), sous la menace de castration. Il s’agit d’un fantasme de protection et de défense.
Deux plus petits fantasmes suivent immédiatement l’histoire des girafes ; dans l’un, Hans s’introduit de force à Schönbrum en un espace interdit, dans l’autre, il brise la fenêtre d’un wagon et le père apparaît comme complice. Il faudrait entendre par là : « Je voudrais faire avec maman quelque chose, de défendu, je ne sais pas trop quoi, mais je sais que toi, tu le fais aussi »
… Le cheval était donc son père, dont il avait de bonnes raison intérieures d’avoir peur. Certains détails, tels le noir autour de la bouche et ce qui était devant les yeux (la moustache et le binocle du père).
… La peur de Hans pendant qu’on le baigne était, en vertu de son mauvais désir (que sa mère en baignant sa sœur, la laissât tomber dans le bain), la peur des représailles, la peur qu’en châtiment ce ne fût lui qui fût noyé.
… Toutes les voitures de déménagement, tous les omnibus, tous les camions, ne sont que des voitures « de cigognes » et n’intéressent Hans que comme des représentations symboliques de la grossesse. Et il n’a pu, quand venait à tomber un cheval lourd y voir qu’un accouchement, une mise bas. Ainsi le cheval qui tombe n’était pas seulement le père qui meurt mais aussi la mère qui accouche.
… L’effronterie avec laquelle Hans raconte ce fantasme(Anna se serait trouvée avec eux à Gmunden l’été qui précéda sa naissance), les innombrables mensonges extravagants dont il l’entremêle ne sont rien moins que dénués de sens : tout cela doit servir à le venger de son père à qui il gardé rancune de l’avoir leurré avec la fable de la cigogne.
… Un autre fantasme : le petit garçon donne 50 000 florins au conducteur, afin qu’il le laisse partir sur le wagon est une tentative d’acheter la mère au père une fois de plus.

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*    *

Il se dédommagea de la perte que lui avait causée l’arrivée de sœur en s’imaginant avoir des enfants lui-même et tant qu’il fut à Gmunden – lors de son second séjour – et put jouer réellement avec ces enfants, son besoin de tendresse trouva une dérivation suffisante. Mais, revenu à Vienne, il se trouva seul, reporta toutes ses exigences sur sa mère et dut subir des privations nouvelles, ayant été exilé de la chambre de ses parents.
Après la naissance de sœur la question se pose à Hans : d’où viennent les enfants ? La cigogne aurait apporté Anna. Le père de Hans  ne l’empêchait pas seulement d’être dans le lit de sa mère, il lui refusait encore le savoir dont il avait soif.
Hans a l’intuition que le fait-pipi est en cause de le fait d’avoir un enfant, mais il lui manque la connaissance du sexe féminin. Il croit que sa mère a un grand fait-pipi.
La conclusion à laquelle nous sommes arrivés et d’après laquelle, dans ce cas de phobie, l’angoisse s’expliquerait par le refoulement de ces tendances agressives (des hostiles contre le père et des sadiques contre la mère), semble apporter une confirmation éclatante au point de vue d’Adler. Et cependant je n’ai jamais pu acquiescer à cette manière de voir et je la considère comme une généralisation trompeuse.
 

REMARQUES SUR UN CAS
DE NEVROSE OBSESSIONNELLE
(L’homme aux rats)

     J’accepterai volontiers toute remarque au sujet d'une inexactitude quelconque concernant les écrits, 
et serai enchanté de recevoir par e-mail des résumés d’œuvres de la part de personnes désireuses d’enrichir dicopsy.